Paris : Fermer la porte des commerces climatisés, « une bonne idée pour le climat et le porte-monnaie »

REPORTAGE Après l’arrêté pris par la maire de Paris Anne Hidalgo interdisant de laisser la porte ouverte d’un magasin quand la climatisation fonctionne, les commerçants et commerçantes interrogées par « 20 Minutes » sont globalement d’accord pour faire des efforts

A.L.
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(Illustration) Un climatiseur dans une enseigne.
(Illustration) Un climatiseur dans une enseigne. — Canva / 20 Minutes
  • Les magasins parisiens climatisés doivent fermer leur porte d’entrée depuis ce lundi, sous peine d’amende, afin de réduire la consommation d’énergie, selon un arrêté pris vendredi par la mairie de la capitale.
  • Qu’en pensent les enseignes ? 20 Minutes est allé sonder des commerces du 19e arrondissement.
  • Pour certains commerçants, des portes ouvertes engagent le client à entrer. Mais tous comprennent l’intérêt écologique de fermer des portes quand la climatisation est en marche.

Depuis lundi, à Paris, les commerces climatisés ont l’obligation de garder leurs portes fermées quand leur climatisation est branchée, à l’exception des bars et restaurants. « Ces pratiques aberrantes doivent cesser dans le contexte actuel d’urgence climatique et de crise de l’énergie », avait prévenu vendredi la maire de Paris, Anne Hidalgo, juste après avoir pris un arrêté. Les commerces récalcitrants risquent 150 euros d’amende. Qu’en pensent, justement, les enseignes ? 20 Minutes est allé leur poser la question dans le 19e arrondissement, dans le quartier de Crimée – Flandres – Riquet.

« Si c’est obligatoire je vais mettre un rideau de plastique. C’est pas grave », explique calmement Youssef, dont le commerce alimentaire, situé avenue de Flandres, est porte grande ouverte. Youssef utilise la clim « de temps en temps, pas tout le temps », mais ne ferme jamais la porte, pour la bonne raison… qu’il n’en a pas. Hormis le rideau de fer qu’il tire chaque soir, « sa boutique est grande ouverte ». Trop gênant d’avoir une porte, explique-t-il, avec les gens « qui rentrent, qui sortent ». Mais il achètera de quoi fermer son commerce, jure-t-il, sans problème.

« Ça ne sert à rien si on a la porte ouverte »

C’est grosso modo l’avis des commerces du quartier de Flandres – Crimée, qui ne sont guère gênés par la mesure, d’autant que la très grande majorité n’a pas de climatisation. « Les économies, c’est une bonne idée pour le climat et pour le porte-monnaie ! », s’exclame Ahmed, qui tient la caisse dans une boucherie halal non loin, pas équipée de clim’. « Bien sûr ça ne sert à rien si on a la porte ouverte », renchérit Zoheir, barbier dont le commerce n’a pas de climatisation non plus. « On a deux portes qui font courant d’air », explique-t-il, et la clim’, « ça coûte cher ». Mais il remarque qu’avec le Covid, il faut selon lui laisser la possibilité aux commerces qui ont la clim’au moins d’aérer de temps en temps.

Il faut franchir la porte d’une pharmacie non loin du pont Riquet pour entendre des voix un peu différentes. « Pour nous, c’est pas terrible – même si écologiquement c’est mieux – car les patients viennent plus facilement quand les portes sont ouvertes, explique Isabelle. Une pharmacie fermée c’est pas accueillant. On a l’impression qu’une personne qui veut faire un achat impulsif va rentrer plus facilement quand les portes sont ouvertes. Je travaillais dans une pharmacie gare de Lyon et c’était ouvert jour et nuit… » Une collègue, à côté, n’est pas du même avis. « C’est normal de laisser les portes fermées ! Et écologiquement, c’est bien ! » « Ça paraît être une bonne idée ! », approuve un client qui entend la conversation.

Une « bonne idée » qui va se répandre au-delà du périphérique, puisque la ministre de la Transition écologique, Agnes Pannier-Runacher, a annoncé le 24 juillet dans Le Journal du dimanche qu’elle allait prendre un décret sur le sujet « dans les prochains jours », avec, en guise de dissuasion, une amende encore plus forte que celle prévue par la mairie de Paris : 750 euros.