Paris : Plainte contre un policier accusé d’avoir frappé sans raison un homme déjà blessé

VIOLENCE Un jeune homme affirme avoir été frappé par un policier sans raison, alors qu’il avait déjà une minerve et le bras gauche en écharpe, selon « Mediapart »

20 Minutes avec AFP
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Une affiche pendant la manifestation contre les violences policières, dimanche 29 novembre à Paris.
Une affiche pendant la manifestation contre les violences policières, dimanche 29 novembre à Paris. — Aude Lorriaux

C’est une nouvelle affaire pour l’IGPN, la police des polices. Un jeune homme a porté plainte contre un policier qu’il accuse de l’avoir frappé sans raison et malgré des blessures apparentes liées à un accident de voiture, selon le parquet de Paris et l’avocat de ce jeune homme joint par 20 Minutes, confirmant une information de Mediapart.

Une enquête a été ouverte le 16 juillet pour violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité de travail (ITT) inférieure ou égale à huit jours, a précisé le parquet. Les investigations ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). La préfecture de police a indiqué à l'AFP qu'une fois le fonctionnaire identifié, une enquête administrative serait menée soit par l'IGPN soit par la direction employant l'agent concerné.

Des policiers chargent le petit groupe qui ne bougeait pas

Les faits, relatés par le jeune homme âgé de 24 ans auprès de Mediapart, se sont déroulés le soir du 13 juillet dans le XIXe arrondissement de Paris. Portant une minerve et le bras gauche en écharpe après un accident de voiture survenu plusieurs semaines auparavant, le plaignant, que Mediapart appelle Sofiane, rejoint dans la soirée un groupe d’amis en bas du domicile de sa mère. L’ambiance est festive en cette veille de fête nationale et des jeunes jettent des pétards dans la rue.

Sans motif, selon le jeune homme, des policiers braquent le groupe « avec leur flashball » et l’un d’entre eux lance une grenade de gaz lacrymogène. Ayant reçu l’ordre de ne pas bouger, Sofiane et ses amis restent assis sur un banc. Mais quelques minutes plus tard, d’autres policiers chargent le petit groupe.

« Aucun mot ni aucun geste de provocation envers le policier »

Alors que Sofiane crie aux forces de l’ordre de s’arrêter car il est blessé, un fonctionnaire l’insulte et le frappe avec sa matraque au visage et sur son épaule blessée, d’après le jeune homme. Amené aux urgences par des proches, il souffre notamment d’une fracture de la mâchoire et d’une lèvre ouverte, relate le journal en ligne. Le jeune homme, qui déplore que lui et ses amis ont été « matraqués gratuitement », a été auditionné le 18 juillet.

« Mon client a un profil irréprochable, son casier judiciaire est vierge et il est inconnu des services de police », précise son avocat à l’AFP Maître Avi Bitton. « Les témoins des faits, dont certains ont été entendus par l’IGPN, attestent que Sofiane n’a eu aucun mot ni aucun geste de provocation envers le policier », ajoute Maître Bitton, qui s’étonne de « la lenteur avec laquelle l’IGPN voulait faire examiner Sofiane ». Convoqué à l’unité médico-judiciaire initialement le 3 août, soit trois semaines après les faits, le jeune homme a finalement été ausculté samedi.

« Les contusions, la lèvre enflée, tout cela aurait disparu le 3 août. Il a fallu qu’un membre de mon cabinet se déplace aux unités médico-judiciaires pour demander un examen plus rapproché. Normalement quand les faits sont récents, la police envoie la victime aux UMJ immédiatement. Quand j’ai appelé l’IGPN on m’a dit "y’avait pas de place avant" et quand on s’est déplacé aux UMJ à l’hôtel-dieu on nous a trouvé de la place pour le samedi 23 juillet », s’étonne auprès de 20 Minutes maître Avi Bitton. Une ITT de sept jours lui a été délivrée, a précisé son avocat.

Edit du 26 juillet, 18h35:

Contrairement à ce qui avait été écrit dans ce papier écrit d'après une dépeche de l'AFP, la préfecture de police de Paris n'a pas ouvert d'enquête administrative comme elle l'avait dit par erreur. L'AFP a fait paraître une correction que nous repercutons ici.