Les Médiévales de Provins, deux jours au rythme des troubadours

William Molinié Photos : Serge Pouzet

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Des reconstitutions ont permis de vivreà l'époque des foires de Champagne qui ont fait la renommée de Provins du XIe au XIIIe siècle.
Des reconstitutions ont permis de vivreà l'époque des foires de Champagne qui ont fait la renommée de Provins du XIe au XIIIe siècle. —

« Oyez oyez, damoiselles et damoiseaux, saluez le comte

de Champagne. »

Troupes, saltimbanques, troubadours, jongleurs et musiciens ont défilé ce week-end dans les rues de Provins (Seine-et-Marne). La 26e édition des Médiévales a rassemblé plus de 80 000 personnes, selon l'office du tourisme de la ville : « C'est un record. Samedi, on a eu 50 % de fréquentation en plus par rapport au même jour, l'année dernière. »

En 2008, les métiers de l'artisanat étaient à l'honneur. Cette année, c'était le tour des troubadours et des ménestrels. Avec comme personnage principal le comte de Champagne, symbole de la ville et poète émérite (lire encadré). « La fête est une reconstitution authentique des foires de Champagne du Moyen Age », explique Christian Jacob, le maire (UMP) de Provins. Toute la ville s'est en effet transformée en village médiéval avec son foin, ses mendiants, ses chevaliers et ses brigands. « Derrière, là-bas, j'ai vu des elfes et des monstres », s'écrie la petite Justine, déguisée des pieds à la tête, ou plutôt des espadrilles au couvre-chef. A quelques mètres de là, devant le bar à lait, quelques comédiens, parmi les 250 présents pour la reconstitution, sont accoudés au comptoir. « Hé, vous voulez un verre de lait de vache ? », lance le tavernier. « Ça va pas ? Moi, je boirai du lait quand les vaches mangeront du raisin », lui répond un paysan au nez rouge. « Au fil des ans, on gagne en qualité parce que les gens jouent le jeu », souligne-t-on dans l'équipe organisatrice.

Pendant ce temps, au Théâtre des remparts, des aigles* ont rendez-vous avec leur proie. Les enfants découvrent l'histoire du fauconnier Bavon. Grand chasseur au VIIe siècle, ce dernier est accusé d'avoir dérobé un faucon blanc. Il est condamné à mort. Mais au moment où il doit subir son châtiment, l'animal réapparaît, prouvant l'innocence du fauconnier. Aigles, buses, faucons, chouettes et vautours ont illustré cette légende pendant quarante-cinq minutes, évoluant en harmonie avec des chevaux. A minuit, hier, les services municipaux et les trois cents bénévoles se sont hâtés de tout remettre en ordre. Avant de replancher, dès la rentrée, sur l'édition 2010. W

* Les amateurs de fauconnerie peuvent poursuivre la fête jusqu'au 4 novembre avec le spectacle Les Aigles des remparts, et visiter les volières et l'enclos des loups à l'issue de chaque représentation. Réservations au 01 64 60 17 90.