les Franciliens ont le cinéma dans la poche

Alexandre Sulzer

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« Ce qui nous intéresse, ce n'est pas que le téléphone portable remplace

la caméra,

mais de voir ce qu'il peut produire de différent. » Aujourd'hui s'ouvre le 5e festival Pocket Films au Forum des images (1er). Cet événement gratuit, qui met à l'honneur les productions cinématographiques réalisées avec un mobile, était le premier du genre dans le monde lorsqu'il a été lancé, en octobre 2005. Il en existe une vingtaine aujourd'hui.

« L'Ile-de-France est très en avance dans le domaine », se réjouit Benoît Labourdette, coordinateur général du festival. Selon lui, Nocturnes pour le roi de Rome, de Jean-Charles Fitoussi, a ainsi été le premier long métrage à être réalisé, en 2006, avec un mobile, tandis que J'aimerais partager le printemps avec quelqu'un, de Joseph Morder, a été le premier à sortir en salle, en 2008.

Si la production francilienne est riche, son exploitation sur grand écran reste toutefois rarissime, et seuls quelques films sortent en DVD, comme le tout récent Do Me Love, de Jacky Katu. Et même si les spécificités techniques, comme la pixellisation de l'image, sont en train de s'effacer, avec des portables aujourd'hui de très grande qualité, « il ne faut pas essayer de faire le même film que l'on ferait avec une caméra 35 mm », détaille Benoît Labourdette. D'ailleurs, Hollywood ne s'y est jamais risqué autrement que pour des scènes où le recours an téléphone présente un réel intérêt pour le scénario. Qui dit portable, dit spontanéité, car contrairement à la caméra, sa présence n'altère pas la scène filmée. Jocelyne Rivière a, par exemple, suivi un jeune homme qui gagne sa vie en s'affublant d'un masque de Quasimodo pour faire rire les touristes devant Notre-Dame. Le réalisateur Olivier Ducastel a, lui, réalisé le making of de son propre film Nés en 68. Mais la fiction n'est pas en reste. Clement Deneux, dans Les Ongles, transforme une soirée entre potes à Montreuil en tuerie générale, quand le collectif d'artistes Pied la biche imagine une force mystérieuse qui traîne à terre le corps d'un homme endormi aux pieds de tours de banlieue. Un cinéma cellulaire certes, mais de moins en moins microscopique. W