Paris

Incertitudes autour du coup de poing mortel

Qui a porté le coup de poing ayant causé la mort

Qui a porté le coup de poing ayant causé la mort

de Jean-Jacques Le Chenadec,

lors des émeutes urbaines de 2005 à Stains (Seine-Saint-Denis) ? Salaheddine Alloul, accusé qui comparaît devant les assises de Bobigny depuis hier, assure que ce n'est pas lui.

Les faits remontent au 5 novembre 2005, sur le boulevard Maxime-Gorki.Depuis une semaine, une vague d'échauffourées embrase les banlieues parisiennes, avant que les violences ne gagnent la province. M. Le Chenadec et son voisin, M. Moreau, descendent en bas de leur immeuble pour éteindre un feu de poubelle, allumé peu avant par une bande de jeunes. Les deux hommes reçoivent alors plusieurs coups de poing. L'un d'entre eux est fatal au sexagénaire, qui tombe et heurte violemment le bitume. Plongé dans le coma, Jean-Jacques Le Chenadec ne se réveillera pas, et décède deux jours plus tard. Le voisin s'en sortira mieux, avec huit jours d'ITT.

Les dix-huit mois d'enquête aboutiront à une description assez vague de l'agresseur : « Un jeune homme à capuche et avec un menton en galoche », affirme le voisin. L'accusé, Salaheddine Alloul, 22 ans, est interpellé en juillet 2007, sur les déclarations d'un autre jeune arrêté par les policiers à sa place. Tee-shirt blanc, regard assuré, Salah était décrit hier comme plutôt calme et non violent par son éducateur. Il assure n'avoir porté qu'un seul coup de poing à l'homme qui a survécu. « Il a frappé M. Moreau car il l'insultait, mais celui qui a tué la victime n'est pas mon client », tente d'expliquer Me Autrive, l'avocat de l'accusé, en marge de l'audience. La famille et le voisinage sont venus soutenir la veuve, Nicole Le Chenadec, qui devait fêter cette année ses 40 ans de mariage. Fatiguée, elle explique à 20 Minutes qu'elle veut comprendre. « Je souhaite faire le deuil de mon mari, savoir pourquoi Jean-Jacques est mort. » Le procès s'achève demain. Salaheddine Alloul risque jusqu'à quinze ans de prison. W