Paris : Le stationnement devient payant pour les deux-roues motorisés à partir du 1er septembre

CIRCULATION David Belliard, adjoint en charge de la voirie, a confirmé ce mardi que le stationnement payant des motos et scooters débuterait le 1er septembre de cette année

Guillaume Novello
— 
A partir du 1er septembre, il faudra payer pour stationner son scooter.
A partir du 1er septembre, il faudra payer pour stationner son scooter. — G. Novello
  • Prévu initialement le 1er janvier dernier, le stationnement payant des deux-roues motorisés à Paris sera mis en place au premier septembre, a confirmé mardi David Belliard, adjoint en charge de la voirie.
  • « Les tarifs appliqués seront la moitié de ceux pratiqués pour les automobilistes », précise l’élu écologiste pour qui cette mesure participe de la « transformation de l’espace public avec priorisation de ses usages ».
  • De son côté, la Fédération des motards en colères dénonce une « mesure totalement injuste » et appelle à une manifestation dimanche 26 juin à porte Dauphine.

David Belliard ne craint pas le retour de kick. Dans le sujet ô combien explosif du stationnement payant des deux-roues motorisés (2RM), l’adjoint parisien en charge de la voirie a confirmé lors d'une conférence de presse ce mardi que celui-ci serait effectif à partir du 1er septembre prochain. Mesure du programme d’Anne Hidalgo aux dernières municipales, le stationnement payant devait entrer en vigueur au 1er janvier dernier, mais a été retardé « en raison de problèmes avec FranceConnect », indique l’élu écologiste.

Car c’est grâce à ce logiciel étatique que les possesseurs de 2RM pourront faire valoir leurs droits de stationnement, un peu comme les automobilistes. Il faudra donc le faire par courrier ou sur le site dédié qui sera mis en ligne le 27 juin, et fournir les pièces justificatives ou se connecter via FranceConnect afin de connaître instantanément ses droits. Il y en a 6 en tout : Véhicule basse émission, Handi, PRO-Mobile, PRO-Sédentaire, PRO-Soin à domicile et bien sûr Résident.

Trois euros de l'heure pour un visiteur

« Les tarifs seront la moitié de ceux pratiqués pour les automobilistes », indique David Belliard. Soit 3 euros de l’heure en zone 1 et 2 euros en zone 2 pour les visiteurs. Pour les résidents, existe un abonnement à 45 euros pour 3 ans ou à 22,50 euros pour un an permettant la prise de tickets journaliers pour 75 centimes. Toutefois, il ne sera délivré qu’un droit de résident par personne. Il faudra donc choisir entre son scooter ou sa voiture.

Jean-Mac Belotti, coordinateur en région parisienne de la Fédération française des motards en colère, ne décolère pas justement. « C’est une mesure totalement injuste, dénonce-t-il. Et même si ça devait passer en payant, le prix pour un 2RM est exorbitant ! La moitié de celui d'une voiture alors qu’il n’occupe qu’un quart d’une place de stationnement. En proportion, le motard paie beaucoup plus ! » Sans surprise, David Belliard ne partage pas cette analyse. « Ce n’est pas que la question de l’occupation de l’espace public, argue-t-il. Il y a aussi les émissions d’azotes et les nuisances sonores liées aux 2RM. En rééquilibrant, on arrive ainsi à peu près à la moitié des tarifs pour automobilistes. »

Un peu plus de 10 millions d'euros de recette

Pour l’adjoint, cette mesure s’inscrit de manière plus générale dans la politique de la ville de « transformation de l’espace public avec priorisation de ses usages », pas en faveur des motos et scooters donc. Ce que ne comprend pas Jean-Marc Belotti pour qui « les 2RM sont une solution de mobilité, peu encombrants, avec une faible consommation [3-4 litres au 100]. Le vélo, c’est bien pour les courtes distances mais pour les longues distances, les 2RM peuvent être une solution. » Le motard s'insurge également contre une « démarche totalement anti-sociale », en « taxant encore plus les gens qui viennent bosser à Paris » alors que l’essence ne cesse d’augmenter.

David Belliard a la parade et avance le Pass 2RM qui permet de stationner dans les parkings concédés de la ville à des tarifs plus avantageux. Le passage au payant est aussi un moyen de « lutter contre le stationnement ventouse » qui encombre les 42.000 places dédiées aux 2RM. Et ça va être compliqué de frauder puisque les marchés publics de contrôle du stationnement des voitures ont reçu un avenant pour contrôler les 2RM, contrôle qui se fera à pied. Enfin l’amende sera de 37,50 euros en zone 1 et de 25 euros en zone 2. Niveau recette, la mairie avait budgété 34 millions d’euros de bénéfice pour 2022 mais en pariant sur un démarrage au 1er janvier, soit, au pro rata, un peu plus de 11 millions attendus avec la mise en place au 1er septembre. A mettre en perspective avec les 300 millions d'euros environ générés par le stationnement payant à Paris, tous types de véhicules confondus.

« Tout le monde est d’accord pour lutter contre la pollution et le réchauffement climatique, conclut David Belliard. Mais pour cela, il faut parfois entrer dans le dur et aujourd’hui on rentre dans le dur ». Il ne croit pas si bien dire puisque la FFMC appelle à une grande manifestation ce dimanche porte Dauphine contre le stationnement payant.