Les bons comptes font que les bons amis le restent

Tiphaine Réto

— 

« En période de crise, les banques prêtent moins, mais les amis

s'aident plus. » Un constat simple qui a permis à Jean-Christophe Capelli de cofonder, à Arcueil (Val-de-Marne) et dans le 13e arrondissement, FriendsClear, un site de prêts d'argent entre proches. « Quand on prête de l'argent, on ose rarement demander une reconnaissance de dette, des échéances de paiement ou des versements mensuels. Et l'argent devient un tabou. » Résultat : l'emprunteur peut oublier d'économiser d'un mois sur l'autre, la dette s'éternise et les relations entre amis se dégradent. Des risques qui n'empêchent pas une moyenne annuelle de 2 milliards d'euros de prêts privés en France.

« Notre idée est de servir de médiateur entre prêteur et emprunteur. Nous formalisons les choses par écrit avec eux et accompagnons le débiteur dans ses remboursements. » Seules conditions requises : un prêt limité à 10 000 euros sur trois ans, avec un taux d'intérêt maximal soumis au taux d'usure. « Mais, en moyenne, les gens empruntent 2 500 euros à taux zéro, reprend Jean-Christophe Capelli. Souvent pour investir dans un besoin précis, comme l'achat d'un véhicule pour aller travailler. » Lancé en octobre dernier, le site enregistre actuellement un prêt par jour.

« Cette solution plus normée qu'un échange sur un coin de table rassure tout le monde, explique Mathieu, 37 ans. En officialisant le prêt, elle responsabilise les deux parties. » Depuis ses 23 ans, le jeune homme se trouve dans la spirale du surendettement, éjecté des systèmes bancaires. Décidé aujourd'hui à monter son entreprise, il a recours, depuis quatre mois, aux services de FriendsClear. « J'ai fait deux emprunts auprès de personnes de mon réseau : l'un de 100 euros et l'autre de 1 000 euros. » Des sommes qu'il tente de rembourser scrupuleusement sur huit mois. « Parce que demain, j'espère devenir prêteur. » W