Le Francilien n'avale pas que des jambon-beurre

Mickaël Bosredon

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Une enquête qui va alimenter les discussions dans les dîners en ville.

A l'occasion de son colloque « Nourrir la capitale » qui se tenait hier, le Cervia (Centre régional de valorisation et d'innovation agricole et alimentaire) a présenté une enquête inédite*, menée par le Credoc, sur les modes de consommation alimentaire des Franciliens. Et contre toute attente, on mange plus équilibré et on fait plus la cuisine en Ile-de-France que dans le reste du pays.

D'après cette enquête, les Franciliens dépensent plus pour les légumes, les fruits et le poisson que les habitants des autres régions (voir infographie). Par ailleurs, ils sont 16 % à passer plus d'une heure à la préparation du dîner en semaine, contre 10 % en province. Un rapport qui grimpe à 30 %, contre 20 % en région, pour la préparation du dîner le week-end. « Il faut sortir de l'idée reçue du Parisien qui avale son sandwich dans les transports en commun, commente Raphaël Berger, responsable adjoint du département consommation du Credoc. Il y a davantage de diplômés et de cadres supérieurs en Ile-de-France, or on sait que l'on a une meilleure conscience du rapport entre nutrition et santé chez les diplômés. Une bonne alimentation, cela s'éduque, c'est une culture. » Le revenu moyen du Francilien étant plus élevé, il lui est d'autant plus aisé d'accéder à des produits de qualité. De plus, 94 % des Franciliens pensent que notre nutrition a une influence sur la santé, contre 88 % en province. Ce qui peut expliquer que l'on mange davantage bio dans l'agglomération parisienne qu'en milieu rural.

En revanche, c'est sans surprise que l'on apprend que 33 % des Franciliens se font livrer à domicile le week-end, contre 21 % dans les autres régions. De même, ils prennent plus souvent leurs repas à l'extérieur en semaine. W

* Enquête réalisée auprès de 3 200 personnes en France en 2007.