« Folles Époques ! », le spectacle historique qui mobilise toute la ville de Meaux

HISTOIRE Vendredi à Meaux, c’est la première du spectacle « Folles Époques ! ». Ce sont plus de 500 bénévoles, majoritairement meldois, qui donnent vie à cette représentation, retraçant pas à pas l’histoire de la ville. « 20 Minutes » s’est rendu à la répétition générale

Marin Daniel-Thézard
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Un bénévole en costume accompagne la mascotte du spectacle
Un bénévole en costume accompagne la mascotte du spectacle — Marin Daniel-Thézard
  • Folles époques ! est un spectacle qui retrace l’histoire de la ville de Meaux. Une visite de la vieille cité épiscopale s’impose pour mieux le comprendre.
  • Claude Brun est en charge de la visite des coulisses, « les plus belles de France » selon Stéphane Bern.
  • Les bénévoles racontent comment cet évènement a changé leur vie.

« C’est l’aventure de toute une ville. » Pierre Corbel est le metteur en scène de Folles époques !, spectacle qui retrace l’histoire de Meaux et qui célèbre cette année ses 40 ans. Peu avant la répétition finale, le chef d’orchestre des 500 figurants bénévoles ne cache pas son enthousiasme. C’est dans le musée du brie que l’organisation de Folles époques ! a décidé d’accueillir 20 Minutes. Alors que nous attendons la nuit pour que le spectacle puisse débuter, les compagnons du brie de Meaux nous font la démonstration du  « fromage des rois, roi des fromages », mets baptisé par Charlemagnes lui-même. Après une dégustation, direction la cité épiscopale où on nous montre le palais, les jardins, les remparts et la cathédrale. Un véritable plongeon architectural dans l’histoire de la ville seine-et-marnaise.

Cour de la cité épiscopale et scène des Folles Epoques
Cour de la cité épiscopale et scène des Folles Epoques - Marin Daniel-Thézard

La visite historique passée, Claude Brun dévoile les coulisses du spectacle. Cet ancien professeur de mathématiques meldois participe depuis plus de quinze ans à l’évènement. « Quand on est mordu, on est mordu. » Il cite l’exemple de familles entières faisant participer les grands-parents comme les petites enfants – le plus jeune d’entre eux cette année a trois ans. Dans un vestibule en plein air se mêlent épées et baïonnettes, boucliers et chapeaux haut-de-forme. « Nous avons plus de 2.500 costumes pour 396 figurants. Certains ont jusqu’à sept costumes. » C’est là le prix de la qualité, car pour retracer 2.000 ans d’histoire en soixante-quinze minutes, chaque costume doit être parfaitement adapté à l’époque.

L'une des coulisses du spectacle meldois, dans une ancienne chapelle
L'une des coulisses du spectacle meldois, dans une ancienne chapelle - Marin Daniel-Thézard

Entre les coulisses, Claude Brun nous montre la quantité d’artifices qu’emploient les Folles Époques !. Lumières, projecteurs, feux d’artifice, effets flammes, « avec le bruit et les lumières, même les riverains qui ne jouent pas sont directement concernés par le spectacle », s’amuse-t-il. En passant d’une coulisse à l’autre, l’ancien professeur indique que plus loin se situe le club hippique de la ville, qui prête six chevaux pour l’occasion. Entraînés au bruit et à la foule, ils devront galoper au milieu d’une masse grouillante de Vikings, de paysans ou de nobles.

Un spectacle qui change la vie des Meldois

Pas moins de 14 portes donnent accès à la scène que chaque figurant doit connaître sur le bout des doigts. L’une de ces portes n’est autre que… la cathédrale Saint-Etienne elle-même ! L’évêque en prête l'usage pour chaque représentation. Sur les bancs où se réunissent d’habitude les fidèles, des costumes gaulois, vikings, moyenâgeux, ou de la Grande Guerre. On se change, on court, on répète. Des scènes inhabituelles pour un lieu de culte. Sous les 60 mètres de plafond de la cathédrale – désacralisée pour l’occasion –, Stéphane Berne dit d’elles qu’elles « sont les plus belles coulisses de France ».

Les figurants saluent le public après la dernière répétition
Les figurants saluent le public après la dernière répétition - Marin Daniel-Thézard

Au crépuscule, les figurants qui portent déjà leur costume d’ouverture immortalisent le moment autour d’un photobooth. Dans quelques minutes, ils lanceront la saison pour laquelle ils se préparent chaque semaine depuis le mois de mars. « Il y a des gens pour qui le spectacle est devenu leur vie », confie l’une. Une autre, en habits de Renaissance, parle d’un attrait presque mystique : « C’est comme si on était attirés, et qu’est-ce qu’on s’amuse ! »

Certains participants ont vu leur vie changer avec le spectacle. Un meldois a changé de métier pour devenir artificier. Une figurante est devenue costumière. Les bénévoles prennent tellement goût à l’aventure que certains se demandent, septembre venu, ce qu’ils vont bien pouvoir faire de leur week-end.