#MeTooGay : L’enquête sur le suicide de l’étudiant qui avait déclenché le mouvement classée sans suite

JUSTICE Guillaume T. a été retrouvé mort, pendu dans sa chambre en 2021. Il avait accusé de viol un conseiller de Paris et son compagnon

20 Minutes avec AFP
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Lors d'une manifestation à la mémoire de Guillaume, en février 2022.
Lors d'une manifestation à la mémoire de Guillaume, en février 2022. — Chang Martin/SIPA

L’enquête sur l’éventuelle responsabilité d’un élu parisien quant au suicide en 2021 de Guillaume T., étudiant qui l’accusait de viol et dont le témoignage avait déclenché un mouvement #MeTooGay, a été classée sans suite, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.

L’enquête a été classée le 3 mai, a confirmé à l’AFP le parquet de Paris. « Ce classement ne me surprend pas. Toutes les accusations étaient fausses, celles de viol et celles de violences », a réagi Me Fanny Colin, avocate de Maxime Cochard, conseiller à la mairie de Paris, qui avait été mis en cause.

Maxime Cochard avait contesté les accusations de viol

Me Colin souhaite, par ailleurs, que Maxime Cochard et le compagnon de ce dernier, qui avaient été « injustement évincés », « soient immédiatement réintégrés » dans leurs fonctions professionnelles. Le 21 janvier 2021 sur Twitter, Guillaume T., 20 ans, avait accusé de viol Maxime Cochard, alors élu PCF, et le compagnon de ce dernier. L’élu avait contesté ces accusations, qui avaient ensuite suscité des centaines d’autres messages sur les violences sexuelles dans les milieux gays.

Le Parti communiste avait alors annoncé avoir demandé à Maxime Cochard et son compagnon « de se mettre en retrait de toutes leurs responsabilités du PCF Paris ». Le 9 février, Guillaume T. était retrouvé mort, pendu dans sa chambre du campus de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Une plainte avait été déposée par la famille en 2021

Au nom de sa famille, Me Elodie Tuaillon-Hibon avait déposé le 18 février 2021 «une plainte contre X pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». L’avocate avait choisi cette qualification criminelle, dite des « coups mortels », qui nécessitait de démontrer une volonté de l’accusé de porter une atteinte physique à la victime et que cette atteinte soit la cause directe de la mort.

Elle avançait que des « violences volontaires » auraient pu, selon elle, causer son geste, les attribuant implicitement à M. Cochard et au compagnon de l’élu, comme « des abus de nature sexuelle susceptibles d’être qualifiés de viol, qui peuvent constituer des violences ». Une enquête avait été ouverte le 22 mars 2021 et confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP). Contactée, Me Elodie Tuaillon-Hibon n’a pas souhaité s’exprimer.