« on prélevait l'air dans un tube »

Recueilli par Magali Gruet

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Dans quel contexte Airparif a-t-il été créé en 1979 ?

Le ministère de l'Environnement de l'époque voulait fédérer les différentes entités, privées et publiques, qui surveillaient la pollution dans la région. Le début de la prise de conscience de ce problème en Europe remontait à 1952, lors d'un épisode de pollution à Londres qui avait fait 4 500 morts.

Comment fonctionnait-il ?

Nous étions cinq employés, contre cinquante-trois aujourd'hui. Il y avait 180 points de mesure de la pollution en Ile-de-France et tous étaient relevés manuellement. On prélevait de l'air dans des tubes, et on les faisait ensuite analyser en laboratoire. Nous avions un résultat par jour, alors qu'aujourd'hui tout est automatisé et nous avons des courbes sur toute la journée.

En quoi la pollution a-t-elle changé en trente ans ?

Nous n'avons plus de problème de plomb car l'essence n'en contient plus. Le dioxyde de soufre n'est également plus un problème : il était principalement émis par les industries, qui ont quasiment disparu de la région. On ne parle plus des pluies acides, alors que c'était un sujet préocuppant dans les années 1980. Aujourd'hui notre problème, c'est le trafic automobile.

Quels nouveaux polluants va-t-il falloir observer dans les prochaines années ?

On se pose aujourd'hui beaucoup de questions sur les pesticides. Les gens pensent qu'on ne les trouve qu'en zone rurale, alors que le centre de l'agglomération est parfois aussi pollué par les pesticides que la campagne, car les particuliers ne dosent pas leur utilisation. Les chauffages au bois, et les particules qu'ils émettent, sont aussi une menace. W