Paris : Les conducteurs vont recevoir une aide de 500 euros pour se convertir au bioéthanol, moins cher mais pas si écolo

F.B.I., FAUSSE BONNE IDEE ? La région Île-de-France prévoit de mettre en place une aide de 500 € afin que les Franciliens puissent profiter du bioéthanol, le carburant à la mode, qui cache néanmoins quelques faiblesses.

Marin DANIEL-THEZARD
— 
Carburants: La remise à la pompe est entrée en vigueur — 20 Minutes
  • Valérie Pécresse propose une aide de 500 € aux conducteurs franciliens pour convertir leur véhicule essence en véhicule bioéthanol.
  • Le prix du bioéthanol étant deux fois moins cher que celui de l’essence classique, l’opportunité économique pourrait inciter les conducteurs à choisir ce procédé.
  • Pourtant, le bioéthanol n’est pas aussi écologique que ce qu’on pourrait le croire, car il ne pollue que 2 % de moins que l’essence qu’il remplace.

De retour pour vous jouer un second tour, Valérie Pécresse a annoncé dans une interview au Parisien ce lundi 16 mai une aide à hauteur de 500 € pour les Parisiens souhaitant convertir leur véhicule essence en bioéthanol. Ce forfait intervient alors qu’à la pompe, le prix du bioéthanol ne cesse de faire de l’œil aux conducteurs : plus de deux fois moins cher que du carburant classique ! Malgré une surconsommation d’environ 25 %, ce bon plan économique a déjà séduit en 2021, la consommation du carburant « bio » ayant augmenté de 33%.

Pour convertir son véhicule essence au bioéthanol – le diesel n’étant pas éligible à la transformation – il suffit d’y apposer un boîtier de conversion. L’opération brute pouvant coûter jusqu’à 1.600 €, nombre d’automobilistes hésitent à franchir le pas. L’annonce de Valérie Pécresse, qui « se fixe un objectif de 30.000 boîtiers d’ici à la fin de l’année, soit 15 millions d’euros d’aides », pourrait les faire changer d’avis.

C’est si bien que ça le bioéthanol ?

Économiquement, oui. Mais selon Géo, ce carburant n’aurait de bio que le nom. Il s’agit d’ailleurs de son nom commercial. Pour sa production, il est extrait du blé, du maïs ou de la betterave, dont la culture est non seulement une émettrice de gaz à effet de serre, mais infecte aussi les sols, avec le retour des néonicotinoïdes dans l’exploitation de la betterave à sucre. L’International Council on Clean Transportation a rendu un rapport mettant bout à bout tous ces éléments. Le bioéthanol aurait une empreinte carbone seulement 2 % plus faible que l’essence qu’il remplace. Autrement dit, l’argument économique, oui, l’argument écologique, non.

Alors qu’elle affirme que « nous avons une vraie filière à développer en Île-de-France, grâce à nos agriculteurs », une autre difficulté devrait attirer l’attention de la présidente de région. Il s’agit de la limite de production de biocarburant imposée par l’Union Européenne. Une directive de 2015 impose aux État de plafonner à 7 % leur production alimentaire destinée aux carburants : on ne joue pas avec la nourriture. La France frôle déjà ce maximum avec un ratio de 6,8 %.

Cette aide décidée par le conseil régional intervient dans le cadre du "bouclier social", dont l'objectif est de lutter contre l'inflation et ses effets sur la précarité.