Paris : Une vente aux enchères exceptionnelle pour un Michel-Ange miraculé

ART Ce mercredi, un dessin de Michel-Ange a été vendu aux enchères à Christie’s Paris pour la somme de 23 millions d’euros.

Marin DANIEL-THEZARD
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Le dessin de Michel-Ange a été mis aux enchères le 18 mai par Christie's Paris.
Le dessin de Michel-Ange a été mis aux enchères le 18 mai par Christie's Paris. — EMMANUEL DUNAND / AFP
  • Un dessin attribué à Michel-Ange en 2019 a été mis aux enchères ce mercredi et a été vendu pour la somme de 23 millions d’euros.
  • L’œuvre représente le premier nu de l’artiste, réalisé à la plume et à l’encre brune.
  • Il s’agit de l’un des rares dessins qui n’ont pas été détruits par Michel-Ange, qui désirait préserver ses réalisations finales de l’imperfection des esquisses.

Depuis le XVe siècle, ce dessin réalisé à l’encre brune par le génial artiste Michel-Ange Buonarroti était passé sous les radars des spécialistes. Il avait pourtant déjà fait l’objet d’une vente dès 1907 à l’hôtel Drouot de Paris, date à laquelle il était classé « École de Michel-Ange ». Ce n’est qu’en 2019, à l’occasion d’une vente aux enchères à Paris, que l’œuvre refait surface grâce à l’intervention de Paul Joannides, professeur émérite d’histoire de l’art à l’université de Cambridge.

Dès l’annonce, le dessin se voit attribuer la classification de « trésor national », empêchant la sortie de l’œuvre du territoire national pour une durée de trente mois. Pendant cette période, l’État s’octroie le droit d’acquérir le bien, une sorte de « Attendez, moi d’abord », pour la Commission consultative des trésors nationaux. Malgré cette intervention, aucun musée français ne déboursera les dizaines de millions d’euros réclamés pour l’achat de l’œuvre.

Mais pourquoi aussi cher ?

Les trente mois se sont écoulés, et Christie’s Paris, libéré de cette contrainte, a pu mettre aux enchères le dessin. Vingt-trois millions d’euros, c’est la somme qui a été déboursée par l’acquéreur pour se voir attribuer cette œuvre un peu spéciale. Il s’agirait de la première étude de nu retrouvée de l’artiste. Dans les années 1490, le jeune Michel-Ange s’inspire de la fresque Le baptême des néophytes du peintre Masaccio et met en scène un homme dénudé, entouré de deux autres personnages.

L’esquisse présente une particularité vis-à-vis des autres que « Il Divino » (le divin) a pu produire au cours de sa vie : elle existe encore aujourd’hui. Méthodiquement, Michel-Ange brûlait ses papiers pour ne laisser aucune trace de ses imperfections, laissant peu d’espoirs aux idéalistes d’en retrouver dans le grenier de grand-mère… Quoi qu’il en soit, la rareté faisant le prix, il n’aura fallu qu’une heure aux enchères pour adjuger le dessin.