Ile-de-France : A Meudon, le comblement d’une ancienne carrière ne fait pas l’unanimité

CONTESTATION Le comblement des anciennes carrières de craie Arnaudet doit commencer en juin. Officiellement, il s’agit de sécuriser ce site, classé monument historique depuis 1986. Les opposants y voient bien plus « l’acharnement de la ville » à urbaniser cet espace

20 Minutes avec AFP
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Le comblement des anciennes carrières de craie Arnaudet, doit commencer en juin.
Le comblement des anciennes carrières de craie Arnaudet, doit commencer en juin. — Myrabella

Une «cathédrale souterraine». Environ 300 personnes, dont des militants écologistes, spéléologues ou simples habitants ont manifesté dimanche à Meudon (Hauts-de-Seine) pour demander l'abandon du comblement des anciennes carrières de craie Arnaudet.

Le début de ce projet de comblement est prévu en juin sur ce site classé monument historique depuis 1986.

D'après la préfecture et la mairie de Meudon, les carrières situées sous la colline Rodin «risquent un effondrement général», ce qui «impose la réalisation de travaux de sécurisation»: «des piliers fragilisés pourraient s'affaisser» selon une étude de l'Ineris, un institut public d'expertise des risques, citée par la préfecture.


Des galeries prisées des géologues et cataphiles

Cette expertise est remise en cause par les opposants qui voient dans ces travaux l'occasion pour la ville «de consolider un sol aujourd'hui inconstructible» pour y développer ensuite des projets immobiliers.

«Non à la sécurisation par le comblement qui rendra inaccessible ce réseau de galeries», a lancé dimanche Magdalena Labbé, une des opposante au projet, regrettant «l'acharnement de la ville sur ce site».

Cette carrière souterraine, connue pour ses longues galeries de 8km dont certaines en voûtes avec croisées d'ogives, a été exploitée pour extraire de la craie entre 1870 et 1925.

Depuis les années 1970, leur accès est fermé au public mais elles restent prisées par les chercheurs géologues et les cataphiles.

En avril, le Conseil d'Etat a validé le projet qui prévoit de combler 45% des galeries avec 48.000 mètres cubes de terres issues des chantiers d'Ile-de-France.

Un parc au-dessus des carrières

Ce comblement «partiel» laissera accessible des galeries pouvant donner accès à tous les centres d'intérêt géologiques, artistiques, historique ou ethnographique, affirme la préfecture.

Pour les opposants, dont des spécialistes, le choix du comblement est celui qui «altère le plus le site» et présente des risques «plus importants de déstabilisation des galeries non comblées». 

Tous défendent «le confortement maçonnique» des piliers, comme Didier Merle, le président de la commission régionale du patrimoine géologique, dont une lettre de soutien a été lue dimanche à la manifestation qui est partie de la mairie jusqu'aux carrières.

Les matériaux utilisés pour ce comblement seront «strictement encadrés, explique la préfecture, tout en soulignant que »l'utilisation de déchets du bâtiment« ou »de matériaux issus de tunneliers sont formellement interdits".

Après les travaux, un parc sera créé au-dessus des carrières. Cet espace «ne sera pas urbanisé», assure la préfecture qui précise que si le lieu fait partie de l'actuel appel à projet «Inventons la Métropole du Grand Paris 3», le projet lauréat «ne surplombera pas le site classé».