Paris

« Je dois me soigner »

« D'une certaine façon, le fait que cela s'arrête et que je me demande

« D'une certaine façon, le fait que cela s'arrête et que je me demande

"pourquoi ?", c'est une forme de soulagement. » Julien Bobot, ex-adjoint PS à la mairie du 10e arrondissement, a été condamné hier à six mois de prison avec sursis pour détention d'images à caractère pédopornographique par le tribunal correctionnel. Et l'interrogation qui est revenue tout au long de l'audience, c'est « pourquoi ? ». Pourquoi cet homme a-t-il téléchargé et consulté des centaines d'images pornographiques mettant en scène des mineures, pendant plus de deux ans, à la fois à son domicile et sur son lieu de travail ?

« Vous n'avez pas le profil des clients que nous avons habituellement ici, a souligné Marie-Françoise Guidolin, la présidente de la 15e chambre. Ce sont généralement des gens solitaires, isolés, alors que vous, vous êtes bien inséré socialement. D'un point de vue familial aussi. Vous semblez parfaitement normal. » Pour ce père de deux jeunes enfants, chargé de mission à la Ligue de l'enseignement et adjoint aux questions scolaires à la mairie du 10e, la consultation de ces sites serait devenue une « drogue ». « Je savais que je transgressais la loi, a-t-il expliqué d'une voix feutrée, les mains agrippées à la barre. Mais il y avait une déconnexion entre le virtuel et le réel. Cela dit, je ne peux pas me voiler la face ; je dois me soigner. »

Le procureur de la République a d'ailleurs requis un suivi socio-judiciaire avec obligation de soins pendant trois ans. Réquisition que la présidente n'a pas suivie, expliquant au prévenu lui « faire confiance » et considérer qu'il allait « effectivement suivre une psychothérapie ». Outre sa condamnation, Julien Bobot devra verser un euro symbolique à la Ligue de l'enseignement, partie civile. Il a par ailleurs démissionné de son mandat d'adjoint depuis son arrestation à la mi-mai. Et son avocat de conclure, en référence aux nombreux messages, parfois violents, postés sur différents blogs et forums : « Son casier judiciaire, il l'aura, pendant quinze ans, sur Google. » W