« Ils ne demandent pas la lune »

Recueilli par Lise Martin

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S. ORTOLA / 20 MINUTES

Vous venez de rendre une synthèse de la consultation menée auprès des lycéens. En quoi consiste-t-elle ?

Fin décembre, le ministre de l'Education a annoncé le retrait du projet de réforme des lycées. Rester sur un constat d'échec aurait été dommage. Le gouvernement a donc confié à Richard Descoings, le directeur de Sciences-Po Paris, une consultation sur la réforme [ses conclusions seront rendues fin mai-début juin]. En parallèle, les recteurs d'académie ont été chargés d'animer un travail de concertation. Depuis janvier, j'ai donc visité un établissement par semaine pour recueillir la parole des lycéens, qui ont aussi envoyé des contributions par le biais du site Internet de l'académie.

Quelles sont les revendications des élèves ?

Ils voudraient mieux comprendre le sens de ce qu'on leur enseigne, que les cours soient moins abstraits. J'ai également ressenti une demande très forte d'une relation de plus grande confiance avec les enseignants. Beaucoup se sont un jour sentis dévalorisés par un professeur ou ont eu le sentiment qu'on ne leur faisait pas confiance... Même dans les filières générales, ils aimeraient aussi faire des stages, et voudraient que leurs activités associatives et culturelles soient prises en compte dans leur livret scolaire. Quitte à avoir moins d'heures de cours chaque semaine, et moins de vacances pour compenser. Au fond, ils ne demandent pas la lune, mais des choses raisonnables et très concrètes.

Quelles pistes proposez-vous dans votre rapport ?

La lutte contre le redoublement est un axe important. Plutôt que de faire redoubler les élèves en seconde, pourquoi ne pas leur proposer un passage en première assorti d'un programme de soutien ? Cela va se mettre en place dans certains établissements à la rentrée. Il faudrait aussi imaginer de nouvelles options, lier les mathématiques ou la biologie à l'informatique, par exemple. Ce qui permettrait de rendre les enseignements plus concrets. W