L'Ehpad des « Bords de Seine » du groupe Orpea sommé de changer son fonctionnement

DYSFONCTIONNEMENT Depuis la publication du livre « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet en janvier, l’Agence régionale de Santé Ile-de-France (ARS IDF) a diligenté 90 inspections

20 Minutes avec AFP
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Panneau Orpéa
Panneau Orpéa — GILE Michel/SIPA

L’Ehpad du groupe Orpea des « Bords de Seine », particulièrement visé par l’ouvrage Les Fossoyeurs, va devoir changer. Et notamment se plier aux injonctions de l’Agence régionale de Santé Ile-de-France (ARS IDF), qui a dévoilé mardi un rapport épinglant fortement la structure.

L’Ehpad est sommé de réorganiser ses équipes de jour et de nuit, dans un délai de trois mois. De « sécuriser l’organisation du circuit du médicament » dans un délai d’un mois, de « procéder à l’évaluation des risques de dénutrition » et de « mettre en place des repas enrichis » dans un délai d’un mois, ou encore de « mettre à jour les conventions d’exercice libéral des masseurs-kinésithérapeutes » et de « veiller à la traçabilité dans les dossiers des résidents », cette fois « sans délai ».

90 inspections

Depuis la publication du livre de Victor Castanet en janvier, l’ARS IDF a diligenté 90 inspections au sein des Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes franciliens, l’Île-de-France comptant 707 Ehpad dont 19 % sont publics, 33 % privés à but non lucratif et 48 % privés à but lucratif.

L’Ehpad du groupe Orpea des « Bords de Seine » de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), destiné aux personnes âgées atteintes notamment d’Alzheimer, est l’un des quatre établissements ayant fait l’objet d’une « décision définitive » à la suite de ces contrôles.

Ni « repas enrichis » ni « appétants »

Ces directives reposent sur l’observation de dysfonctionnements. Ainsi, le rapport note le sous-effectif « susceptible d’affecter la qualité et la sécurité de la prise en charge des résidents », avec notamment un recours accentué aux vacataires. Il souligne aussi que les droits des usagers « ne sont pas tous respectés » et que « certaines des prestations proposées (…) n’existent pas (…), comme la balnéothérapie ».

« Alors que le gestionnaire a fait le choix d’une prestation de restauration internalisée », il n’y a ni « repas enrichis » ni « appétants », poursuit l’Agence qui rencontre « des patients dénutris ». Par ailleurs, les pré-signalements d’incidents ne sont transmis ni à l’ARS ni au Département, assure le rapport.

Enquête préliminaire pour homicide involontaire

Sollicité par l’AFP, le groupe Orpea a assuré qu’il mettrait en place ces changements « dans les meilleurs délais » et a présenté ses « excuses aux résidents et aux familles ». L’ARS IDF « a émis des recommandations et des prescriptions et une seule injonction, que nous allons traiter dans les meilleurs délais », a réagi le groupe Orpea, soulignant le contexte « sans précédent » de la crise sanitaire liée au Covid-19.

« Des premières mesures correctrices sont déjà en place » pour mieux organiser les équipes, a garanti Orpea, avec notamment l’appui d'« une infirmière coordinatrice depuis le 18 mars », et la formation de deux « référents bientraitances supplémentaires ».

L’Ehpad des Bords de Seine est aussi au coeur d’une enquête préliminaire ouverte à Nanterre, notamment pour homicide involontaire, à la suite d’une plainte déposée en 2020.