La République vidée de ses Tamouls

Alexandre Sulzer

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Un cordon de CRS a entouré les manifestants hier avant de les déloger du terre-plein.
Un cordon de CRS a entouré les manifestants hier avant de les déloger du terre-plein. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les Tamouls, qui manifestaient non-stop place de la République

contre les violences

au Sri Lanka, ont levé le camp hier. Depuis le 27 avril, la préfecture de police (PP) tolérait leur présence sur le terre-plein central où deux tentes avaient été montées et où deux militants observaient une grève de la faim. Mais un sit-in dans la nuit de mardi à mercredi sur la place même a visiblement modifié la donne. Et convaincu la PP qu'il fallait déloger les manifestants.

Hier matin, les forces de l'ordre sont donc intervenues. Brutalement, selon les militants, remontés. Vers 11 h, la place est jonchée de détritus et la circulation automobile rétablie. Un cordon de CRS entoure les Tamouls, rassemblés à nouveau sur le terre-plein, au milieu de drapeaux rouges frappés d'une tête de tigre, en scandant : « Aidez-nous, aidez-nous ». Lorsque l'ordre d'évacuation complète leur parvient, les manifestants semblent perdus. « Voir un combat qui finit comme ça, c'est triste », se désole Kaiila, 16 ans, qui, à force de manifester, a été exclue de son lycée de Drancy (Seine-Saint-Denis). « Mes cours, je pourrai toujours les rattraper. Les vies perdues, non. » « Nous manifestons pacifiquement pour faire connaître nos problèmes aux Français, raconte Christa, du comité des femmes tamoules. Je ne comprends pas pourquoi on nous demande de partir. » D'autant que la PP a confirmé à 20 Minutes que l'incendie d'un autocar sur la place mardi soir n'avait rien à voir avec la manif. Vers 14 h 30, les tentes sont repliées pour « éviter que ça ne dégénère ». Mahintan, un responsable, assure dans un porte-voix : « Nous continuerons notre lutte. » Hier soir, ils recherchaient un nouveau lieu. W