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ÇA URGEBientôt un accès gratuit aux toilettes des bars et des cafés à Paris ?

Paris : Bars et cafés vont-ils bientôt proposer un accès gratuit à leurs toilettes ?

ÇA URGELa loi oblige les bars, cafés et restaurants à disposer de toilettes gratuites pour leurs clients mais rien ne les oblige à les ouvrir à d’autres personnes. Et si ça changeait
Illustration de toilettes
Illustration de toilettes - Pixabay
Romarik Le Dourneuf

Romarik Le Dourneuf

L'essentiel

  • Le manque de toilettes publiques se fait souvent ressentir dans Paris. Malgré la présence de sanisettes et de toilettes dans les parcs et jardins, il est parfois difficile de trouver un endroit où se soulager.
  • Les commerçants, souvent sollicités, pourraient remédier à ce manque en accordant aux visiteurs d’utiliser leurs toilettes sans consommer. Mais si cette pratique était répandue à une autre époque, les commerçants sont plus frileux aujourd’hui en raison du manque de respect des visiteurs et du coût supplémentaire que cela entraîne.
  • Heureusement, beaucoup ne résistent pas longtemps face à des publics fragiles comme les personnes âgées ou les femmes enceintes. Certains sont prêts à laisser leurs toilettes à disposition en échange du respect des lieux et, pourquoi pas, d’un petit pourboire.

Ce lundi, Eau de Paris a annoncé que 500 commerces parisiens acceptent désormais de remplir les gourdes d’eau des passants qui le demanderaient. Remplir sa gourde, c’est bien, pouvoir ensuite vider sa vessie, c’est mieux. Malgré les 750 toilettes publiques revendiquées par la mairie de Paris, il est souvent difficile de trouver où se soulager. Pour compenser ce manque les commerçants sont-ils prêts à rendre leurs toilettes disponibles pour les badauds ? (ou sont-ils prêts à signer un contrat du même acabit ? )

Petit point juridique pour commencer, si la loi oblige les établissements privés recevant du public à être pourvus de toilettes pour leur clientèle, elle ne précise rien au sujet des autres individus. En clair, les clients ont droit aux toilettes gratuites, pour les autres, c’est au bon vouloir du commerçant.

Une habitude dans le passé, une exception aujourd’hui

« Dans le temps, on donnait l’accès facilement, les gens passaient, laissaient un pourboire et ça allait bien », explique Claude, serveur dans une brasserie du 14e arrondissement. Mais comme beaucoup de cafetiers, le patron de Claude a fini par dire stop.

« Chaque gérant est libre de faire comme il le souhaite, mais c’est vrai qu’une majorité refuse », précise Franck Delvau, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) d’Île-de-France. Pour justifier les réticences, le professionnel avance d’abord le coût que représentent les toilettes et celui éventuel de les ouvrir à tout le monde : « Il faut prendre en compte l’électricité, l’eau, le papier toilette, et surtout le nettoyage. »

De mauvaises expériences

Voir des personnes s’ajouter aux clients et « défiler » dans les toilettes toute la journée, obligerait les patrons à nettoyer deux ou trois fois plus souvent, et donc à mobiliser du personnel et du matériel supplémentaires. « Ce sont les abus qui nous ont obligés à limiter l’accès à la clientèle, explique Claude, assez de voir les toilettes bouchées, de l’urine ou des excréments partout à côté. » Dans le secteur depuis presque 40 ans, le serveur assure que les clients font plus attention que les passants : « Sans doute parce qu’ils savent qu’on voit tout. Et si c’est la catastrophe, ils devront affronter notre regard après. Le passant, il tourne les talons et on ne le revoit plus. »

Pourtant, tous les professionnels interrogés par 20 Minutes assurent qu’ils sont favorables à rendre un service quand c’est possible. Marcel Benezet, président de la branche des cafés, bars et brasseries du Groupement national des indépendants (GNI) préfère « que les gens le fassent chez nous que dans la rue ». D’ailleurs, il précise quand même que beaucoup acceptent. « Il m’arrive souvent d’aller dans les cafés et de demander les toilettes avant même de dire que je vais commander et souvent ils acceptent. »

« Si c’est demandé gentiment… »

Pour le président du GNI, même si un panneau indique « WC réservé à la clientèle », les cafetiers ne sont pas inhumains. « Si c’est demandé gentiment, et qu’il y a urgence, la plupart accepteront. » Et le respect des lieux, plus une petite pièce lorsque c’est possible, « ne serait-ce que pour l’entretien », encourageront sans doute les commerçants à être plus enclin au « oui ».

Claude va dans son sens : « Les hommes de plus de 50 ans, comme c’est mon cas, ont souvent un problème de prostate. Et l’idée même de ne pas savoir si on trouvera des toilettes dehors peut m’empêcher de dormir. Donc pour les "têtes blanches", les femmes enceintes ou les enfants en bas âge, je ne dirai jamais non. »

En attendant peut-être un jour les stickers « Ici, on urine gratuitement » sur la devanture des commerces, il est possible de trouver des toilettes publiques dans la capitale sur le site de la mairie de Paris ou sur l’application Toilettes à Paris qui recensent les sanisettes, wc de parcs, etc.

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