Les parkings changent de créneau

Alexandre Sulzer

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« Avant, la politique Delanoë, c'était : "Plus on emmerde l'automobiliste, mieux c'est", raconte Robert Palluat de Besset, président délégué de l'Automobile-Club Paris Ile-de-France. Sous la seconde mandature, nous assistons à une inflexion. » A l'heure où la plupart des villes françaises veulent débarrasser leurs centres des quatre roues (lire p. 6), existerait-il une exception parisienne ?

« L'objectif reste de mieux partager l'espace public, répond Annick Lepetit, adjointe au maire (PS) en charge des Transports. L'idée n'est pas pour autant de faire la chasse aux voitures. Ce n'était pas non plus celle de mon prédécesseur, Denis Baupin », précise-t-elle, diplomate. Le nombre de places de stationnement pour les voitures, qui a déjà beaucoup baissé (17 700 places ont disparu depuis 2001, dont la moitié pour permettre des aménagements de chaussée tels que les couloirs de bus), continuera sa chute au profit des parkings pour les vélos et motos (24 000 places vont être créées dont 18 000, peut-être payantes, pour les deux-roues motorisés). « Il en existe aujourd'hui 34 000, c'est insuffisant », explique l'élue, qui réfléchit en plus à des locaux fermés pour les vélos à proximité des gares. En outre, 2 000 places seront réservées à la future Autolib', la voiture en libre-service (de 1 000 à 1 500 dans les parkings souterrains) tandis que les places gratuites (il en restait 4 400 en 2007, contre 22 100 en 2005) doivent tout simplement disparaître. Et si les résidents devraient pouvoir se garer sur davantage de places mixtes, ouvertes aux riverains et aux autres, les visiteurs seront encouragés à ne plus frauder avec le déploiement fin 2010 d'horodateurs qui prennent les cartes bancaires. Aujourd'hui, seuls deux visiteurs sur dix paient leur place. W