Moral aussi en baisse

Magali Gruet

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Leurs petites et grandes entreprises connaissent bien la crise. Hier, le Medef Ile-de-France organisait une rencontre entre des entrepreneurs franciliens touchés de près ou de loin par le ralentissement de l'économie. Et l'ambiance était plutôt morose. Du côté de la Fnaim, la conjoncture de l'immobilier ne ravit pas Marcel Ricard, son président Paris- Ile-de-France. « Les prix ont baissé de 5 % dans Paris intramuros depuis le début de l'année, et nous avons des prévisions à - 8 ou 9 % pour la fin 2009 ». Mais « ça n'ira pas plus loin », selon lui, qui admet que des succursales d'agences immobilières ont dû fermer face à la baisse des ventes.

Côté travaux publics, le constat est identique, avec des baisses de commandes de 6 à 7 % par rapport à 2008, même si Bernard Grenez, son vice-président régional, relativise : « Nous avions fait une très bonne année 2008, nous revenons à des niveaux normaux ». Sauf que l'emploi en a pris un coup : 60 % des intérimaires dans le secteur n'ont pas été reconduits. Dans l'hôtellerie, Geneviève Roy, également vice-présidente de la CCIP, a confié que le nombre de nuitées achetées baissait de 20 % dans les établissements parisiens, et que les prix étaient en chute libre. « Sur les trois premiers mois de l'année, on ne s'est pas inquiétés, mais là, ça dure, alors que ça devrait reprendre. »

La situation profiterait cependant à certains, dans le domaine des services ou des nouvelles technologies, qui n'ont pas manqué de fanfaronner hier. Laurent Horwitz, président de Companeo, une société d'achat pour les TPE-PME, a expliqué qu'il vivait la crise « comme une opportunité. Quand on en a les moyens, c'est le moment de prendre des parts de marché. Nous avons suffisamment de cash pour investir, on compte un peu en profiter. » Les autres apprécieront. W