Les indices recueillis lors des fouilles passés au crible à Pantin

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Un travail de l'ombre. Si les fouilles sont la plupart du temps ouvertes au public, l'analyse des objets récoltés se déroule dans des lieux interdits aux badauds. A Pantin (Seine-Saint-Denis), au centre archéologique régional de l'Inrap, on étudie en détail les pièces rapportées des sites, du moindre morceau d'os jusqu'à un fragment de dorure à la feuille d'or. « Ici, l'objet n'a pas de valeur. Ce qui compte, c'est de conserver l'intérêt historique pour les générations futures », assure un chef d'opération.

La conservation des pièces se fait dans des sacs plastique bien fermés. Elles sont ensuite lavées à l'eau, puis analysées au microscope. Entre-temps, tout le « mobilier » est consciencieusement répertorié. Ce travail de longue haleine demande minutie et patience. « Le rebord d'une faïence, un bout de caillou, un éclat de céramique... Tous les indices nous permettent de dater les objets », explique Mercedes Pion, la gestionnaire du mobilier.

Deux couloirs plus loin, en longeant les caisses d'entreposage, se trouvent les bureaux des spécialistes. Quelques outils, pierres et instruments de mesure traînent sur leurs paillasses. « Même si on fouille et qu'on ne trouve rien, c'est une avancée. Le vide est une information car, au moins, on sait que cet endroit était inhabité », souligne Anne Dietrich, une xylologue (spécialiste du bois) de l'Inrap. Derrière elle, un tracéologue étudie les outils en silex. « Notre travail est très complémentaire. Quand on met nos informations en commun, cela permet de raconter une histoire de bout en bout », ajoute Renaud Gosselin. En fin de cycle, le chef d'opération fait un rapport, tandis que les pièces sont récupérées par l'Etat, qui les place dans un musée ou les entrepose dans les réserves. Elles y sont soigneusement classées. Car le moindre centimètre de fragment peut être indispensable pour comprendre cet immense puzzle qu'est l'histoire de l'homme. W

W. M.