L'archéologie francilienne creuse son trou

William Molinié

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Le chantier de Baillet, dans le Val-d'Oise, doit s'achever aujourd'hui (lire encadré). Avec environ 300 archéologues en CDI ou CDD, l'Ile-de-France, première région du territoire en matière de fouilles préventives, concentre à elle seule près de 30 % de l'activité nationale. Les raisons du succès ? Depuis 2001, la discipline profite d'une loi spécifique demandant aux aménageurs de prendre en compte le risque de fouilles. Toute nouvelle autorisation de permis de construire amène donc à étudier systématiquement la présence possible de vestiges sur le site à aménager.

Les interventions se sont donc multipliées dans la région. En l'espace de deux ans, l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a ouvert soixante-dix-huit chantiers de fouilles en Ile-de-France, soit plus de trois par mois. « Autour de Paris, nous avons la plus grosse activité de France car il y a eu beaucoup de constructions de villes nouvelles », explique Catherine Remaury, la directrice interrégionale Centre-Ile-de-France de l'Inrap. A quelques mètres sous terre seulement, les découvertes sont exceptionnelles, mais pas vraiment surprenantes pour un expert chevronné. « Le Bassin parisien a toujours été très peuplé. C'est donc une mine d'informations, puisque des siècles de vie humaine s'y entassent », explique un cartographe de l'Inrap. Les trouvailles peuvent remonter jusqu'au mésolithique moyen (- 8000 à - 6500), comme ce campement de chasseurs-cueilleurs sorti de terre dans le 15e arrondissement. Parmi les découvertes les plus remarquables, on note les installations de pêche antique sur le quai Branly, l'établissement thermal gallo-romain de Vanves, la nécropole gauloise de Bobigny, ou encore, plus récemment, la première enceinte médiévale de la capitale, rue de Rivoli.

Malheureusement, certains sites sont parfois détériorés. « La valeur marchande que l'on trouve est généralement minime. Mais certaines personnes achètent un détecteur de métaux et viennent piller notre histoire. S'il manque une pièce du puzzle, il est alors très difficile de le reconstituer », regrette-t-on à l'Inrap. Ce phénomène prend de plus en plus d'ampleur. Au détriment de l'histoire. W