Un consensus qui pourrait vite faire pschitt

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« C'est Noël, tout ce qu'on veut, on l'a », ironise, dans les allées du palais de Chaillot, une élue parisienne. Nicolas Sarkozy s'est clairement positionné, hier, comme un président bâtisseur et rassembleur après des mois de bras de fer avec les élus locaux, notamment sur la question des transports. « Le Grand Paris, c'est l'Etat qui associe, qui ne décide pas seul », a déclaré le chef de l'Etat. « A une condition : que le pouvoir ne soit pas paralysé. » De quoi calmer le jeu à court terme. A gauche, le ton consensuel semble séduire. « Comment voulez-vous que je me plaigne, alors qu'il parle de projet collectif ? », se réjouit le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, qui regrette juste que « la solidarité financière entre les villes » n'ait pas été abordée dans le discours. Pierre Mansat, adjoint (PCF) chargé de l'Intercommunalité, salue, lui, « un changement très important de ton par rapport à l'année dernière », tandis que Claude Bartolone, président (PS) de Seine-Saint-Denis, lâche : « Lorsque le Président évoque des rattrapages, en termes de transports et de pôles économiques, j'ai envie d'y croire. » Les élus de grande couronne, moins concernés, restent davantage sur leur faim.

Mais le chef de l'Etat a soigneusement évité les sujets qui fâchent, comme le financement, nerf de la guerre pour tenir le calendrier, et la gouvernance. « Le fait qu'il n'a pas parlé du Syndidat des transports d'Ile-de-France [Stif] prouve qu'il ne changera rien au système actuel », veut croire Jean-Paul Huchon, président (PS) d'Ile-de-France et dudit syndicat. D'ailleurs, la question du tarif unique divise déjà. « Soit on est obligé d'augmenter, soit on est obligé de baisser l'abonnement. Mais cela risque de bourrer les transports et de mettre le Stif en déficit. » Quant à Christian Favier, président (PCF) du Val-de-Marne, il se dit « réservé sur les états généraux début 2010 ». « A trois mois des élections régionales, je ne suis pas persuadé que l'on soit en mesure de les organiser. » Chassez le politique, il revient au galop. W

Service Grand Paris