Paris : Jean-Louis Missika, ancien adjoint d’Anne Hidalgo, visé par une enquête pour prise illégale d’intérêts

CORRUPTION La commission de déontologie des élus du Conseil de Paris a dénoncé un conflit d’intérêts

G. N. avec AFP
— 
Jean-Louis Missika est dans le viseur du PNF.
Jean-Louis Missika est dans le viseur du PNF. — Mario FOURMY/SIPA

Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour prise illégale d’intérêt contre Jean-Louis Missika, ex-adjoint à l’urbanisme de la mairie de Paris (PS),  confirmant une information du Point. L’enquête préliminaire a été ouverte en décembre, a précisé le PNF.

Jean-Louis Missika, adjoint à l’innovation lors du deuxième mandat de Bertrand Delanoë (2008-2014), puis à l’urbanisme lors du premier mandat d’Anne Hidalgo (2014-2020), a démissionné en novembre d’un comité de mission constitué par le groupe immobilier Novaxia, puis du comité d’orientation et de prospective du groupe immobilier Gecina. Saisie par la maire socialiste Anne Hidalgo après la révélation de sa nomination chez Novaxia, la commission de déontologie des élus du Conseil de Paris y voyait un conflit d’intérêts.

Accusations de « pantouflage »

L’opposante LFI Danielle Simonnet avait dénoncé le « pantouflage » – action, pour un fonctionnaire, de quitter le service public pour le privé – de Jean-Louis Missika et relevé que « l’entreprise Novaxia a été lauréate de projets d’urbanisme relevant de la Ville de Paris, et donc de l’autorité de cet adjoint ». S’appuyant sur l’article 40 du code de procédure pénale qui demande à chaque fonctionnaire ayant connaissance d’un acte illégal de le dénoncer, elle avait par ailleurs adressé un signalement au PNF. « C’est tout le bilan en matière d’urbanisme [de Missika] qui est à réinterroger, tous les projets Réinventer Paris. Servir le privé plutôt que l’intérêt général conduit a minima à des situations de conflit d’intérêts. Est-ce qu’il n’y a pas eu autre chose ? », a-t-elle réagi mercredi.

La loi prévoit un « droit de suite » obligeant tout agent public, pendant les trois années qui suivent la fin de ses fonctions, à signaler à la commission de déontologie ses projets professionnels afin qu’il puisse être vérifié qu’ils ne contreviennent pas aux principes déontologiques. Après sa première démission, Jean-Louis Missika avait affirmé se sentir « sali », reconnaissant avoir commis « une erreur » dans une « zone grise » mais pas de « faute » sur le plan légal. « J’ai eu tort, j’aurais dû consulter la commission de déontologie et je me suis retiré instantanément de ce comité », avait-il fait valoir, précisant qu’il devait pour cette activité recevoir « une indemnité de quelques centaines d’euros ». Sollicité mercredi, il n’a pas souhaité réagir.