Paris : « Trouver du sens », « se bouger pour aider la société »... Ces entrepreneurs qui se sont lancés en 2021

PORTRAIT 2021, année record pour la création d’entreprises. Près d’un million d’entre elles ont été montées, d’après un décompte de l’INSEE. À Paris, quel est le visage de ces entrepreneurs ? Rencontre avec Vincent et Laurence.

Charles Desthieux
— 
L'incubateur Agoranov facilite la création d'entreprises innovantes liées à la recherche publique.
L'incubateur Agoranov facilite la création d'entreprises innovantes liées à la recherche publique. — V. WARTNER / 20 MINUTES
  • Ils sont Parisiens et ont créé pour la première fois leur entreprise. En 2021, ils se sont lancés et nous racontent ce qui les a poussés dans cette direction.
  • Chercher du sens, faire bouger les choses… Voilà les nouvelles motivations de ces entrepreneurs.
  • La crise a été un déclic, rencontre avec Vincent et Laurence.

« Être mon propre patron, j’ai toujours su que ça me plairait », se souvient Vincent Pappolla, trentenaire aux yeux clairs. Son credo : pointer du doigt les entreprises qui font du greenwashing et « remettre au clair celles qui agissent vraiment pour  l’écologie ». Avec « Nota Climat », il estime avoir créé : « l’observatoire des actions climatiques des entreprises ».

Comment a-t-il fait ? « C’est très simple, vulgarise-t-il. Dans leur rapport annuel, les sociétés publient leur bilan CO2 (autrement dit les émissions de CO2 qu’elles ont produites au cours de l’année, N.D.L.R.). Je compare les résultats avec les objectifs et le discours écologique de l’entreprise. » Quand le site sera fini, il ajoutera aussi une section avec des propositions d’emploi. « Les demandeurs [d’emploi] pourront trouver l’entreprise qui s’aligne le mieux avec leur vision écologiste. »

Le confinement, un accélérateur d’idées

C’est pendant le premier confinement que Vincent trouve cette idée. Laurence, une autre entrepreneuse, commence elle aussi à construire son projet à cette période-là. Elle voulait faire rupture avec ce qu’elle faisait avant, quitter la comptabilité, « trouver du sens à ce qu’elle faisait ». La crise sanitaire et écologique est un véritable déclic : « Il fallait que je me bouge pour aider la société. »

En décembre 2021, elle lance Repetita.co, un site d’e-commerce pour vendre ou acheter des meubles d’occasions fabriqués en France. Avec son associé, cette passionnée de déco souhaite devenir « le Back Market du meuble ». Et veut prouver que consommer est possible tout en étant écologique.

« Faire du pognon n’intéresse plus les jeunes, ce qu’ils veulent c’est du sens »

Pour s’aider, elle intègre en début d’année 2022 Pépinière 27, un incubateur. Ces structures conseillent les créateurs d’entreprise à travers des avis d’experts juridiques ou marketing, par exemple. Tantôt payants, tantôt gratuits, ils ont chacun leurs champs d’action. « C’est principalement dans le financement que nous opérons, détaille Cyril Baraban, directeur d’Initiactive 95-78, également incubateur en Île-de-France.

Les entreprises qui œuvrent pour la transition écologique et qui ont un projet social nous attirent particulièrement ». C’est d’ailleurs dans ce type d’entreprises dit à impact, qu’il a remarqué un boom en 2020. « Faire du pognon n’intéresse plus les jeunes, ce qu’ils veulent c’est du sens. »

Il admet tout de même qu’une faible partie des créateurs réussiront dans le temps. « Entre deux et cinq ans, c’est la vallée de la mort. La plupart des entreprises s’arrêtent, concède-t-il. Au bout de cinq ans, les deux tiers ont déjà mis la clé sous la porte. »