Val-de-Marne : Des « concentrations record » de dioxines enregistrées près de l’incinérateur d’Ivry-sur-Seine

ENVIRONNEMENT L’incinérateur d’Ivry-Paris XIII brûle 730.000 tonnes de déchets venant de quinze communes, dont Paris

R.L.D. avec AFP
L'incinérateur d'Ivry-Paris XIII arrive en fin de vie.
L'incinérateur d'Ivry-Paris XIII arrive en fin de vie. — SIMON ISABELLE/SIPA

Triste record dans le département du Val-de-Marne. Une étude publiée ce lundi par  le collectif 3R (Réduire, réutiliser, recycler) révèle des concentrations  de dioxines, un polluant organique persistant, très importantes près de l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII. Ces analyses ont été menées par des chercheurs de la fondation ToxicoWatch en association avec  Zero Waste et Les Amis de la Terre.

Selon le communiqué, ces études ont été « menées sur des œufs de poules élevées en plein air, des arbres (résineux, oliviers) et des mousses dans les communes d’Ivry-sur-Seine, Alfortville, Charenton-le-Pont et Paris ». Ces communes sont proches de l’incinérateur d’Ivry, situé près du périphérique entre le Val-de-Marne et Paris. Plus grand incinérateur d’Europe, il brûle les déchets de quinze communes dont Paris, soit l’équivalent de 730.000 tonnes d’ordures par an.

Un record en Europe

On y retrouve « des concentrations de dioxines parmi les plus élevées des études de biosurveillance menées par ToxicoWatch en Europe », précise le collectif 3R. Les œufs de poule qui y ont été élevées en plein air « devraient être retirés du marché européen s’ils avaient été produits pour y être mis », indique Abel Arkenbout, auteur de l’étude, en rappelant que « la consommation régulière d’œufs pollués aux dioxines présente un risque fort pour la santé ».

Le collectif 3R reconnaît également qu’il est « scientifiquement difficile d’établir avec certitude l’origine de la présence (des dioxines) dans les communes autour de l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII ». Mais « la présence dans les dioxines analysées de profils de congénères typiques de l’incinération des déchets plaide, selon ToxicoWatch, pour une surveillance renforcée des émissions avec des mesures en continu », ajoute-t-il.

Un risque pour la santé et l’environnement

« Ces résultats traduisent des anomalies très inquiétantes dans le contrôle des concentrations de dioxines », a ajouté Me Louis Cofflard, avocat à l’origine de plusieurs recours nationaux sur la pollution de l’air. « Ils aggravent la situation actuelle de non-conformité persistante de l’agglomération parisienne avec la réglementation européenne sur la qualité de l’air très préjudiciable à la santé humaine ainsi qu’à l’environnement », poursuit-il.

L’association insiste sur les émissions dues aux arrêts et démarrages, parce que « des travaux scientifiques récents indiquent que les [PCB dioxin-like] sont fortement émis lors de [ces] phases ». En cause : l’instabilité des températures qui constitue « une variable essentielle » dans la formation des molécules de dioxine.

Le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom), qui gère l’incinérateur, n’a, ce lundi, pas répondu aux sollicitations de l’AFP.