Le marché du kidnapping patronal

David Thomson

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Continental, Caterpillar, Sony... Le phénomène du « bossnapping » (kidnapping patronal) ouvre un nouveau marché. En deux mois, Arnaud Dupui-Castérès directeur du cabinet de conseil Vae Solis (16e) a recensé neuf cas. Du coup, depuis dix jours, il propose aux patrons une formation anti-séquestration . Ce séminaire de six heures, baptisé « Comment négocier sous la contrainte », est animé par deux anciens du GIGN, un du Raid et par des consultants en média training.

Dans certains cas, la séquestration a permis de doubler les primes de départ. Le premier volet du cours vise donc à éviter d'en arriver là. Ensuite, le dirigeant apprendra à conserver ses capacités de négociateur tout en étant privé de sa liberté. « Le premier conseil ? Ne pas être violent. Ce serait catastrophique, explique Arnaud Dupui-Castérès. On aide à dépersonnaliser la situation, qui n'est finalement qu'un jeu de rôle. » Aucun dirigeant n'a encore été formé, mais Vae Solis dit avoir été sollicité par plusieurs sociétés prêtes à payer de 5 000 à 15 000 euros la demi-journée.

A Paris, d'autres sociétés, comme Horémis (9e), proposent des kits de survie à leurs clients. A l'intérieur, un téléphone, une trousse de toilette et des vêtements. Le strict nécessaire pour une nuit de séquestration. W