Les communes se mettent aux « e-enchères »

Lise Martin

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Des verres Duralex de cantine, une Super 5 à retaper, une table de mixage... On trouve de tout sur Agorastore. Ce site, sorte de eBay réservé aux collectivités locales, leur permet de vendre aux enchères leur matériel réformé. « Il y a un réel élan depuis le début de l'année car les communes ont de plus en plus besoin de financement », se réjouit Antoine Godet, le responsable commercial du site. Sur ses vingt-six partenaires, dix sont en Ile-de-France. C'est Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) qui a ouvert le bal, en mars 2008. Jérôme Maintenant, le directeur des achats de la ville, détaille la liste des objets vendus : « Du matériel de restauration collective, de sonorisation, du mobilier scolaire... L'idée était de montrer aux administrés que nous ne jetons pas. »

« Donner une deuxième vie aux produits » : l'argument écolo est mis en avant. Mais le système permet surtout d'éviter une série de soucis logistiques, comme les difficultés d'entreposage. « Stocker du mobilier dans Paris est compliqué, car cela mobilise de grandes surfaces », souligne ainsi André Mennesson, de la sous-direction des achats. Lorsque la Ville a regroupé, en janvier, plusieurs services dans un bâtiment, trois cents chaises, lampes et bureaux ont été vendus en ligne, pour un total de 4 400 euros.

Autre gageure pour les municipalités : se débarrasser des produits pour lesquels les filières de recyclage sont inexistantes. Typiquement, un trancheur à jambon ou un brise-roche sont difficiles à écouler. Résultat : du matériel « délaissé, perdu ou oublié dans les sous-sols », admet Sébastien Fernandes, le directeur des services techniques des Clayes-sous-Bois. La petite ville des Yvelines va lancer sa première vente, début mai, avec quatre véhicules « vieillissants, mais roulants ». Meudon (Hauts-de-Seine) a déjà vendu un bus à 11 800 euros, à la fin 2008, et propose, jusqu'au 30 avril, plus de deux cents lots.

Les mairies sont conquises par la formule. Plaisir (Yvelines) et Meudon veulent « systématiser » ce recours. L'argument économique, en ces temps de crise, n'est pas étranger à cet engouement. « C'est la cerise sur le gâteau, explique Sébastien Fernandes. Si on récupérait ne serait-ce que 1 000 euros, on pourrait les réinvestir, dans du matériel de jardinage, par exemple. » W