Le « Francilien » passe son permis en Allemagne

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Le train fonce à 140 km/h, sa vitesse de croisière. A l'intérieur, les jolis sièges multicolores ont été remplacés par de peu esthétiques générateurs, antennes ou pinces d'injection, ainsi que de nombreuses « gueuses », des barres en fonte qui compensent en poids l'absence de passagers. Bienvenue à bord d'une rame d'essai du « Francilien », la nouvelle génération de trains Transilien qui doit commencer à être déployée en décembre 2009 sur la ligne H entre Paris et Luzarches.

Depuis quelques mois, plusieurs voitures subissent une batterie de tests, notamment sur un anneau d'essai de 6 km à Wildenrath, dans l'ouest de l'Allemagne. La presse était invitée, vendredi, à y assister. Avant d'accueillir des voyageurs, le « train du futur » doit, en effet, répondre à 1 389 critères techniques afin d'être homologué par l'Etablissement public de la sécurité ferroviaire (EPSF)... et à 3 284 autres exigés dans le cahier des charges de près d'un millier de pages de la SNCF. Un record pour un train de banlieue, qui se veut plus confortable et plus fiable que ses prédécesseurs. A Wildenrath sont testés le moteur, le bruit, ainsi que la compatibilité électromagnétique des systèmes, notamment avec le téléphone portable. « C'est presque aussi compliqué qu'un avion ! », s'exclame Jean Bergé, président de Bombardier Transport France.

A l'extérieur, un sonomètre enregistre le bruit de la bête, à 7,5 m de la voie. Verdict : 81 décibels acoustiques dB(A) à 140 km/h. Deux fois moins, selon la SNCF, que la dernière génération de « petits gris », qui doivent disparaître au cours des années à venir.

D'ici à la fin de l'année, lors de sa mise en service, le « Francilien » aura déjà parcouru 120 000 km pour les tests. Une affaire qui roule. W

A Wildenrath

(Allemagne), Alexandre Sulzer