Crack à Paris : La préfecture annonce avoir trouvé un nouveau terrain dans le 12e, la mairie s’y oppose

DEMENAGEMENT Depuis fin septembre, les usagers de crack étaient installés au square de la porte de la Villette. Ils devraient être déplacés près de la porte de Charenton

G. N. avec AFP
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Le campement près de la porte de la Villette (19e) après son nettoyage par la police, le 24 janvier.
Le campement près de la porte de la Villette (19e) après son nettoyage par la police, le 24 janvier. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Adieu la porte de la Villette ! Dans un communiqué diffusé mardi soir, la préfecture de police a précisé avoir repéré un lieu appartenant à la SNCF dans le 12e arrondissement de  Paris afin d’y installer les consommateurs de  crack, regroupés depuis fin septembre dans le 19e arrondissement. Selon la préfecture, le groupe public a « donné son accord » à l’Etat pour « le prêt et la mise à disposition » d’une de ses parcelles située « à l’intersection de deux faisceaux ferroviaires et du boulevard Poniatowski ».

C’est dans cette friche industrielle que doit surgir d’ici quelques années le projet urbain Bercy-Charenton, un nouveau quartier composé de logements, de bureaux, de commerces, et d’espaces verts. Pour le préfet, ce site satisfait « le mieux possible » aux critères de recherche : « le plus possible éloigné des quartiers résidentiels, commerçants ou des nœuds de transport » mais tout de même « accessible aux services sanitaires et sociaux ».

Une « absurdité absolue »

Mais pour Emmanuel Grégoire, premier adjoint (PS) de la maire Anne Hidalgo, le choix de cette zone d’aménagement concerté est une « absurdité absolue » et une « décision solitaire prise sans concertation aucune ». Il a indiqué à l’AFP l’intention de la Ville de « faire obstacle à cette stratégie dans les heures qui viennent » et demande une réunion en urgence avec les autres partenaires du plan crack, la préfecture d’Ile-de-France et l’agence régionale de santé.

Emmanuel Grégoire, lui-même élu du 12e arrondissement, dénonce un « simple déplacement du problème » et le choix d’un site « absurde de l’avis des professionnels comme des associations ». L’adjointe à la santé, Anne Souyris (EELV), s’est dite « sidérée » par cette décision. « On les met dans un autre terrain vague et tout ça de force, sans mise à l’abri, sans perspective », déplore-t-elle. Dans un courrier adressé lundi au préfet, Anne Hidalgo avait réaffirmé son « opposition claire et ferme » à un nouveau déplacement organisé des consommateurs de ce dérivé bon marché et très addictif de la cocaïne.

Troisième déplacement en moins d’un an

« Déplacer les usagers de drogue ne permet pas de résoudre définitivement la problématique du crack, mais c’est un devoir vis-à-vis des riverains du 19e et du 18e qui ont trop longtemps été éprouvés par la présence des usagers de drogue », explique le préfet Didier Lallement. « Les usagers de drogue ont besoin d’une prise en charge globale, sociale et sanitaire à laquelle la succession d’opérations de police ne répond aucunement », rétorque Anne Hidalgo.

Fin septembre, malgré le désaccord de la mairie, déjà, le préfet avait décidé de délocaliser des toxicomanes des jardins d’Eole, où ils étaient regroupés depuis le printemps pour soulager le quartier voisin de Stalingrad, vers la porte de La Villette. Si ce déplacement aboutit il s’agira donc de leur troisième déplacement en l’espace de neuf mois.