Crack à Paris : Nettoyage du square de la Porte de la Villette

TOUT LE MONDE DEHORS L’opération a conduit à la destruction des baraquements de fortune mais pas au relogement de leurs occupants

Guillaume Novello
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La police a encadré le nettoyage du square de la Porte de la Villette, lundi 24 janvier au matin.
La police a encadré le nettoyage du square de la Porte de la Villette, lundi 24 janvier au matin. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Un coup pour rien ? C’est en tout cas ce que ne veut pas croire la préfecture de police de Paris. Celle-ci a réquisitionné les services de la mairie pour procéder au nettoyage ce lundi matin du square de la Porte de Villette, où sont massés depuis 4 mois des  consommateurs de crack. « Depuis décembre, le campement n’était plus nettoyé, transformant le lieu en bidonville », explique une source policière. Celle-ci ajoute que ces cabanes « empêchent la police d’effectuer son travail, notamment dans la lutte contre le trafic de crack ».

Mais si la préfecture a requis les services de la mairie, c’est bien parce que celle-ci ne voulait pas le faire de son plein gré. « Nous avons refusé car il n’y a pas de solution d’hébergement pour ces personnes, justifie Anne Souyris, adjointe en charge de la Santé. Ce n’est pas du tout idéal d’avoir des cabanes, mais c’est mieux que rien, surtout en plein hiver. » Car si les constructions ont été détruites, les usagers, eux, sont restés sur place.

La préfecture veut un autre lieu, la mairie veut des hébergements

Les consommateurs sont dans l’attente éventuelle de trouver un autre lieu, comme le demande la préfecture à la mairie de Paris. Ce que celle-ci se refuse également à leur proposer. « On ne peut pas continuer comme ça, en déplaçant le camp d’un lieu à un autre, de Riquet à Porte de la Villette », s’exaspère Anne Souyris. Celle-ci réclame en revanche davantage d’hébergements. « On en a demandé 150 en septembre, on en a eu 40. »

Au final, si la lutte contre le crack va peut-être s’en trouver facilitée, ce nettoyage ne résout pas le problème sur le fond. « Après la présidentielle, ça va peut-être se débloquer », espère l’adjointe à la mairie. Sans certitudes.