Paris : Enquête sur la gestion du stock de munitions du GIGN

NEGLIGENCE Un maréchal des logis-chef a déposé plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui »

G. N. avec AFP
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Le GIGN est mis en cause pour les conditions de stockage des munitions (illustration).
Le GIGN est mis en cause pour les conditions de stockage des munitions (illustration). — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Une enquête a été ouverte pour « mise en danger de la vie d’autrui » en octobre 2020 après la plainte d’un sous-officier dénonçant les conditions de stockage de munitions et d’explosifs du GIGN, a indiqué lundi une source judiciaire sollicitée par l’AFP, confirmant  une information de Mediapart. Dans une plainte avec constitution de partie civile déposée le 27 juin 2019 au tribunal judiciaire de Paris, un maréchal des logis-chef du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) dénonçait la mauvaise gestion du stock du GIGN, dont des munitions et des explosifs, selon Mediapart qui a révélé les faits.

Membre de la cellule « dépiégeage d’assaut » (CDA) du groupe d’élite d’intervention de la gendarmerie, le militaire évoquait également les conditions d’une destruction ordonnée après l’arrestation en novembre 2017 en Espagne de trois membres du GIGN en possession irrégulière « de nombreuses grenades à plâtres fumigènes, détonateurs, munitions » issues de ce stock, relate Mediapart.

Un signalement en juin 2018

Le sous-officier avait choisi cette procédure, qui entraîne quasiment systématiquement l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction, après le classement d’une première plainte déposée auprès de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) en août 2018. Le gendarme avait également effectué en juin 2018 un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale permettant à toute autorité ou tout fonctionnaire de signaler à la justice un crime ou un délit porté à sa connaissance, selon le média d’investigation.

Entendu en novembre par un juge d’instruction dans le cadre de cette information judiciaire, l’ancien commandant du GIGN (2017-2020), Laurent Phélip, a été placé sous le statut plus favorable de témoin assisté pour « mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence », selon Mediapart. Cette information n’a pas été confirmée de source judiciaire. Contacté, l’avocat de Laurent Phélip, aujourd’hui directeur du commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire (Cossen), n’a pas donné suite.

Selon Mediapart, le maréchal des logis-chef avait signalé à plusieurs reprises à sa hiérarchie des dysfonctionnements dans le stockage des armes et munitions au sein du GIGN. Il « a fait l’objet d’une mutation d’office deux mois après ses déclarations à l’IGGN », indique le média. Contactée par l’AFP,  la gendarmerie n’avait pas réagi dans l’immédiat.