Explosion rue de Trévise : Trois ans après le drame, les victimes devraient être indemnisées

DRAME La ville de Paris s’est engagée à verser la somme dans un délai de deux mois

R.L.D. avec AFP
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Un véhicule retourné par l'explosion qui a eu lieu rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris, le 12 janvier 2019.
Un véhicule retourné par l'explosion qui a eu lieu rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris, le 12 janvier 2019. — Thomas SAMSON/AFP

Trois ans, moins un jour : c’est le temps qu’il aura fallu aux victimes de l’explosion de la rue de Trévise, à  Paris, pour obtenir un accord de  principe d’indemnisation, notamment par la ville de Paris, mise en examen dans ce dossier et qui le pourvoira à hauteur de 20 millions.

« Toutes les parties prenantes ont validé la rédaction de l’accord-cadre d’indemnisation des victimes », a annoncé, ce mardi matin, la ville qui convoque un Conseil de Paris extraordinaire le 17 janvier prochain afin de le soumettre à ses élus, dernière étape avant la signature.

« Reconnaissance du caractère exceptionnel de l’explosion »

Un « soulagement », pour Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement touché en son cœur, le matin du 12 janvier 2019, par une très forte détonation provoquée par une fuite de gaz. Le bilan est lourd : 4 morts, 66 blessés et environ 400 riverains sinistrés.

Ce lundi soir, juste avant le troisième anniversaire du drame, une dernière réunion de médiation, imposée par la justice, a permis d’aboutir à cette « reconnaissance du caractère exceptionnel de l’explosion », a indiqué Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire de Paris Anne Hidalgo.

Trois mois ont passé depuis qu’il avait annoncé, début octobre, que la Ville abonderait de 20 millions d’euros, une « première étape », le fonds d’indemnisation « sans que cela présume de sa culpabilité ». Alors que les juges d’instruction viennent d’achever leurs investigations, ce fonds doit permettre de prendre en charge tous les préjudices corporels et matériels dans l’attente du procès pénal.

Un dénouement attendu « depuis des années »

Réunies dans un café faisant face au 6, rue de Trévise, immeuble sinistré devant lequel s’est produit l’explosion, les représentantes des associations de victimes ont salué un « accord de principe » attendu « depuis des semaines, voire des années », a souligné Linda Zaourar, présidente de Vret (Victimes et rescapés de l’explosion de la rue de Trévise).

Les 20 millions d’euros promis par la mairie ne doivent « en aucun cas être un plafond », a insisté Sophia Seco, directrice générale de la Fenvac (Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs), alors que l’estimation du total des préjudices atteint, selon les victimes, 200 millions d’euros et que les montants qui seront versés par les assureurs restent inconnu.

Cet accord doit permettre de couvrir « les frais extra-légaux » liés aux préjudices corporels non pris en charge par l’assurance maladie et les mutuelles, a expliqué Linda Zaourar, pour qui « les orphelins auront un statut prioritaire avec les blessés graves et les endeuillés ».

La ville de Paris mise en examen

Le N.6 et les immeubles mitoyens étant toujours dans l’attente des travaux de réhabilitation, qui devraient débuter en septembre, l’indemnisation permettra aussi aux propriétaires de payer « énormément de choses non prises en charge par les assurances », espère Vanessa Mallet, secrétaire générale de l’association Trévise Ensemble qui déplore l’impossibilité de vendre en l’état.

La ville, mise en examen dans le volet pénal de ce dossier, était depuis des mois sous pression des associations qui lui reprochaient de « jouer la montre », alors que l’apport des autres parties impliquées, notamment le syndic de copropriété lui aussi mis en examen et le distributeur de gaz GRDF, reste confidentiel. « Les solutions étaient là depuis le départ », affirme Sophia Seco pour qui la médiation « a mis les parties en présence face à leurs responsabilités ».

Anne Hidalgo présente à la commémoration ce mercredi

« Des analyses concordantes excluaient qu’une collectivité puisse participer à un fonds d’indemnisation sans habilitation législative », se défend la ville pour qui Anne Hidalgo, attendue ce mercredi pour la commémoration, « a toujours exprimé sa volonté de participer par tout moyen à l’indemnisation des victimes ».

Celles-ci attendent désormais la ratification de l’accord, et surtout les transactions effectives, après instruction des demandes d’indemnisation par les deux coordonnateurs nommés par Matignon. Une fois le montant acté, la ville s’est engagée à verser les sommes dans un délai de deux mois maximum.

« Nous serons extrêmement vigilants » pour que les indemnisations « puissent être octroyées et accordées dans des délais les plus courts possibles », a assuré Delphine Bürkli en montrant un quartier « toujours estropié ».