Coronavirus en Seine Saint-Denis : Le département accélère la distribution des capteurs de CO2 dans les collèges

EPIDEMIE En plus des capteurs CO2, les 79.000 collégiens recevront deux masques lavables

Romarik Le Dourneuf
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Dans une classe de 6e d'un collège. (illustration)
Dans une classe de 6e d'un collège. (illustration) — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Le conseil départemental de Seine-Saint-Denis distribue des capteurs de CO2 dans les collèges publics. Tous les établissements devraient être dotés à la fin du mois de février.
  • Les établissements qui le demandent pourront bénéficier de capteurs supplémentaires pour équiper leurs classes. Chaque appareil coûte 156 euros.
  • Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental, demande la reprise des campagnes de vaccination en milieu scolaire pour continuer à améliorer le taux de couverture en Seine-Saint-Denis.

L’épidémie de Covid-19 frappe fort en ce début d’année. Et le département de la   Seine-Saint-Denis n’est pas épargné. Avec un taux d’incidence qui dépassait  les 2.228 cas en moyenne sur la semaine du 24 au 30 décembre, le département se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale (1.518 pour 100.000 habitants).

Pour participer à la lutte contre la propagation du virus, le conseil départemental a relancé, en ce début janvier, la distribution de capteurs de CO2 dans les 130 collèges publics du 93. Ces appareils qui mesurent la teneur en CO2 dans la classe, permettent d’alerter professeurs et élèves de la nécessité d’ouvrir les fenêtres et d’aérer la pièce jusqu’à ce que le taux redescende à un niveau normal. Et cela dans le but de limiter les contaminations en intérieur.

Des appareils mobiles à partager entre les classes

Une première campagne semblable avait déjà eu lieu en septembre dernier. Soixante-neuf capteurs avaient été distribués dans 18 collèges. Chaque établissement avait reçu deux capteurs, et un collège avait été entièrement équipé.

« Cette semaine, nous distribuons 55 capteurs supplémentaires qui permettent d’équiper 28 collèges de plus », explique Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Les collèges ne sont dotés que de deux capteurs car ils sont mobiles et peuvent être partagés entre les salles, en fonction des facilités à aérer ou de la concentration d’élèves dans un lieu, comme les réfectoires à l’heure du déjeuner.

100 % des collèges équipés à la fin du mois de février

Si la campagne de septembre se basait sur le volontariat, « afin de ne pas retrouver des appareils dans les placards », tous les établissements devraient être équipés d’ici à la fin du mois de février. « Avec cette deuxième campagne, près de 40 % des collèges en ont reçu », ajoute Stéphane Troussel. En plus de leur intérêt sanitaire direct, l’élu insiste sur la visée pédagogique des appareils, simples d’utilisation. « Grâce à eux, les élèves comprennent l’importance d’aérer une pièce, et de le faire régulièrement. Par exemple, à chaque interclasse. »

Chaque appareil coûte 156 euros, ce qui devrait élever la facture à au moins 50.000 euros pour tout le département. La collectivité n’oubliera cependant pas de demander la participation de l’Etat, rappelant que Jean-Michel Blanquer avait promis une aide de 50 euros par appareil. La facture pourrait encore grimper parce que Stéphane Troussel assure que les établissements qui le demanderont, pourront se voir octroyer des appareils supplémentaires.

Le département demande la reprise des vaccinations en milieu scolaire

Une manière aussi, selon l’élu, d’apporter un soutien aux enseignants et équipes pédagogiques éprouvées par la pandémie et les protocoles sanitaires qui se succèdent. « Il y avait déjà un manque de remplaçants dans le département avant la crise. Aujourd’hui, c’est encore plus tendu. » D’autant que le variant Omicron touche particulièrement les 20-29 ans or « la Seine Saint-Denis est connue pour accueillir beaucoup de jeunes enseignants », souligne Stéphane Troussel.

Fustigeant les méthodes du ministre de l'Education nationale, le président du conseil départemental appelle à relancer les campagnes de vaccination, interrompues à la Toussaint, dans et aux abords des établissements scolaires, dans un département donc le taux de vaccination est de 10 points inférieur à la moyenne nationale, et jusque 20 points chez les 12-17 ans.