Les képis se font des copains

Lise Martin

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« Avec eux, on s'amuse plus qu'au centre aéré. » Lucie, blondinette de 13 ans, en est tout étonnée. « Eux », les policiers, sont « bien plus sympas qu'on le croyait » : « On a plutôt l'habitude de les voir arrêter les gens dans la rue... » Avec quelques copines de son quartier, près de République, la collégienne s'est inscrite à l'opération Ville Vie Vacances. Organisée par la préfecture de police de Paris depuis plusieurs années pendant les vacances scolaires, elle vise à créer du lien entre les agents et les jeunes des quartiers défavorisés. Et ça marche. « Ceux qui avaient de nous uniquement une image répressive voient, à travers cette action, qu'on est accessibles, résume Erick Duthoit, îlotier dans le 2e arrondissement et volontaire depuis huit ans. Et si on les croise dans la rue, c'est plus calme en cas de pépin. »

Au programme : des activités sportives encadrées par les policiers, foot, basket, badminton ou encore rugby. Demain, un petit groupe de jeunes aura même droit à un entraînement au stade Jean-Bouin avec, en guest star, un joueur du Stade Français. Hier, l'ambiance était plus culturelle. Les jeunes, âgés de 6 à 17 ans, assistaient à une pièce de théâtre sur le thème de la violence scolaire, dans le 12e. « C'est cool parce que pendant les vacances, il n'y a pas grand-chose à faire », sourit Karim, 15 ans. « Et puis c'est gratuit, mes parents sont contents », ajoute Katidiatou d'une voix espiègle. « Nous n'avons que quatre centres, qui accueillent en tout entre 150 et 200 enfants, commente Erick Duthoit. Mais la mairie du 15e fait le forcing pour avoir une salle. Et cet été, on accueillera tout le monde à Champigny-sur-Marne. » W