Ils peuvent voir la crise en peinture

William Molinié

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La crise est partout. Et devient même une source d'inspiration. Jusqu'à dimanche, onze artistes du quartier de Belleville (20e) réagissent à l'atmosphère morose du moment, chacun avec sa sensibilité. « Malgré la crise, la vie continue. Nous voulons simplement apporter un autre langage », explique Nicolas Dupeyron, le président de l'Association des ateliers d'artistes de Belleville. Le gris a, certes, été la couleur dominante des trois derniers mois. « Mais on peut en parler avec des couleurs », commente l'artiste. Pour preuve, cette toile peinte juste après la manifestation du 29 janvier dernier : foule des grands boulevards, figures fantasmagoriques du peuple dans des tons vifs...

L'exposition se moque aussi avec humour du capitalisme déraisonné. Comme avec ce carnet de factures, utilisé pour l'occasion comme livre d'or. En sortant, le visiteur est appelé à laisser sur un Post-it ses idées pour combattre la crise. Affichés sur la vitrine, à l'entrée, certains de ces messages d'espoir promettent une « activité solidaire ». D'autres, plus humoristiques, laissent songeur : « Instaurer une journée mensuelle de la paresse. » W

« Gris crise », jusqu'à dimanche à la Galerie des ateliers d'artistes de Belleville au 32, rue de la Mare (20e). Entrée libre.