Ils rongent leur frein

Alexandre Sulzer

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Ça déraille. La préfecture de police de Paris envisage, selon Le Parisien d'hier, de sanctionner plus durement les écarts de conduite des vélos, des scooters ou des motos dans la capitale. En cause : le nombre d'accidents mortels qui les implique (lire encadré). Des patrouilles en civil pourraient être ainsi constituées pour verbaliser la circulation dans les couloirs de bus ou la remontée des files de voitures. Autres mesures : des miniradars portatifs ou des PV à partir du simple relevé de numéro de plaque.

« Je ressens de l'énervement, a réagi hier Jean-Raphaël Altabef, co-coordinateur des Motards en colère de Paris. Est-ce que dans 100 % des cas d'accidents impliquant des deux-roues, ce sont les motards les fautifs ? » « Il faudrait plutôt intégrer les spécificités de la conduite des deux-roues dans la formation des voitures. L'arsenal répressif n'aurait de sens que dans ce cadre », avance celui qui dénonce des verbalisations déjà arbitraires. « Remonter les files est un droit et non pas une tolérance de la police », avance-t-il tout en faisant valoir que « si on nous autorisait la circulation dans les couloirs de bus, nous serions davantage à l'abri ». Kiki Lambert, présidente de l'association Mieux se déplacer à bicyclette, s'énerve, elle, contre « l'amalgame » entre motos et vélos. « L'accidentologie n'est pas la même. En 2007 à Paris, les cyclistes étaient responsables des accidents dans seulement 31 % des cas contre près de 40 % pour les motos et 52 % pour les cyclos. » Annick Lepetit, adjointe (PS) au maire de Paris en charge desTransports, était, elle, injoignable hier. W