Les Japonais briquent le pavé

Lise Martin

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Avec eux, la propreté marche à la baguette. Ils sont armés de pelles, pinces, balayettes et sacs plastique et ont enfilé gants et maillots verts siglés « Keep clean, keep green ». Leur cible : les mégots, papiers gras et autres détritus jonchant les trottoirs des sites touristiques parisiens. Hier après-midi, une dizaine de Japonais de l'association Greenbird ont mené leur quatrième opération de nettoyage. Pendant une heure, ils ont remonté les Champs-Elysées (8e), traquant le moindre déchet. « L'idée est de sensibiliser les gens au fait qu'il ne faut pas jeter et que tout le monde est responsable de la saleté des rues parisiennes », explique Osamu Tada, un ingénieur installé à Paris depuis trois ans. Naomi, 19 ans, a participé à ce type d'action l'été dernier au Japon : « Là-bas, on a même deux sacs pour le tri. Mais il y a beaucoup moins à faire qu'ici. »

Les apprentis agents de propreté avancent tête baissée, imperturbables sous le regard interloqué des passants. « Pourquoi ce sont des Japonais qui font ça, et pas des Français ? », s'interroge Jenny, une jeune Allemande de passage. « Ils devraient le faire dans le métro, ajoute Note, un touriste thaïlandais. C'est là que c'est le plus sale. » Quatre amis venus du Nord pour la journée finissent leur goûter sur un banc, prenant sagement la précaution de jeter leurs restes à la poubelle : « C'est bien, ce qu'ils font. On ne pourrait pas les faire venir chez nous, à Valenciennes ? », plaisante Renaud, tandis que la petite troupe ramasse son trésor de guerre. Six grands sacs presque pleins. Et Osamu ne compte pas raccrocher. Lui et ses compatriotes se retrouveront à la fin mai. Rendez-vous au pied de la tour Eiffel. W