Coronavirus en Ile-de-France : L’offre limitée de transports en commun agace à la région

EPIDEMIE Le groupe d’opposition PCF a alerté le ministre de la Santé Olivier Véran sur les dangers de contamination liés à la promiscuité des voyageurs

D.Bd avec AFP
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Des bus de la RATP à l'arrêt le 2 septembre 2020.
Des bus de la RATP à l'arrêt le 2 septembre 2020. — Ludovic MARIN / AFP

Plus de bus, de métro et de tram, et vite. Le groupe communiste du conseil régional d’Ile-de-France, opposé à la présidente Valérie Pécresse (LR), a alerté mercredi le ministre de la Santé  Olivier Véran sur le maintien d’une « offre de transports publics réduite » en période de nouvelle flambée du  Covid-19.

« Le conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités [IDFM, l’autorité régulatrice des transports], présidé par Valérie Pécresse, a décidé de maintenir une offre de transports publics réduite sur 165 lignes de bus RATP, 13 lignes de métro », 5 lignes RER et Transilien et 6 lignes de tramway, écrit au ministre Céline Malaisé, présidente de ce petit groupe d’opposition (7 élus sur 209).

Mais avec une fréquentation qui a « considérablement augmenté au dernier trimestre 2021 », cette « offre réduite » a engendré à l’automne « d’importantes difficultés pour les usagers » et leur « mise en danger », affirme l'élue communiste pour qui la « surcharge des véhicules engendre une promiscuité manifeste » et augmente, malgré le port du masque, « la concentration du virus dans l’air ».

Il y aurait 98 % de l’offre habituelle selon IDFM

L’offre actuelle de transport sur l’ensemble du réseau « est à 98 % par rapport à l’offre pré-Covid » alors que le taux de fréquentation « s’établit lui à 82 % », a répondu un porte-parole d’IDFM qui « fait le maximum de transports avec les moyens qu’elle a ».

Dans un contexte budgétaire « extrêmement contraint » depuis le début de la crise sanitaire, en raison de la baisse des recettes et du versement mobilité des entreprises, IDFM « adapte son offre » ligne par ligne en augmentant celles où les données montrent une forte fréquentation, a-t-il affirmé. Comme sur le tramway T2 ou les RER A et B, « lignes les plus fréquentées d’Europe », à 100 % depuis septembre, souligne-t-il. « Depuis la rentrée de septembre, il y a un effet télétravail », a-t-il ajouté.

Un trou dans le budget

En octobre, Valérie Pécresse avait obtenu de l’Etat une aide de 800 millions d’euros pour IDFM en 2021. Alors qu’elle réclamait 1,3 milliard d’euros, elle avait jugé cette aide « très insuffisante par rapport aux besoins du réseau ». IDFM, qui prévoit que le versement mobilité ne retrouvera son niveau d’avant-crise qu’en 2024, prévoit pour 2022 un manque à gagner de 730 millions d’euros par rapport aux prévisions d’avant-crise.

Mi-décembre, lors de la présentation du budget régional, la candidate de la droite à l’élection présidentielle avait anticipé que 2022 serait « une année de combats pour qu’IDFM puisse conserver sa dynamique de transformation des transports ».