Crack à Paris : Les maires du 19e, de Pantin et d’Aubervilliers demandent à Emmanuel Macron d’intervenir

PETITION Gouvernement, associations et mairie de Paris n’ont pas réussi à faire avancer le dossier problématique des consommateurs de crack dans le nord de la capitale

Romarik Le Dourneuf
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Des consommateurs de crack près du square de La Villette, à Paris.
Des consommateurs de crack près du square de La Villette, à Paris. — Eric DESSONS/JDD/SIPA

Dans quelques jours s’achèvera officiellement le « plan crack » lancé en 2019 par l’Etat,  la mairie de Paris et quelques associations. En tout, près de 25 millions ont été dépensés et le bilan est plus que maigre. Pire,  le dossier du crack continue de déchirer toutes les parties concernées, des élus aux riverains.

Pour prendre en main définitivement ce problème, trois élus, François Dagnaud, maire du 19e arrondissement de Paris, Karine Franclet, maire d’Aubervilliers et Bertrand Kern, maire de Pantin, en appellent au président de la République. Par le biais d’une pétition en ligne, ils lui demandent d’intervenir, lui qui est le seul à avoir « l’autorité pour impulser et imposer une coordination des acteurs, mettre fin à cette honte et mettre en place un modèle français de sortie du crack ».

Le mur Paris-Pantin ne passe pas

Dans cette pétition, les élus rappellent que le préfet de police de Paris, Didier Lallement, à la demande du ministre de l’Intérieur avait pris un arrêté déplaçant les usagers du crack du jardin d’Eole (18e arrondissement) au square de la Villette, sans en informer les élus les plus proches des lieux.

Un mur avait même été construit entre Paris et Pantin pour « protéger les habitants de Pantin », mais les privant de la seule circulation douce entre les deux villes. Un mur qualifié par les élus de « négation des années d’efforts pour tisser des liens entre Paris et sa banlieue ».

Des lieux d’accueil nécessaires

La pétition rappelle à Emmanuel Macron la promesse de Gérald Darmanin d’alors, la situation ne durera que « quelques heures, quelques jours ». Trois mois plus tard, la situation sanitaire et sociale s’est encore dégradée. Deux personnes ont même été retrouvées mortes sur les lieux, l’une d’elles d’overdose.

La pétition demande ainsi au président de la République de trouver une solution de relogement et de prise en charge des consommateurs de crack, suggérant que si les hôpitaux ne disposent pas des lits nécessaires, d’autres lieux vacants peuvent être réquisitionnés et aménagés en centre de soins et d’hébergements à taille humaine. Une demande qui fait écho aux difficiles négociations pour l’installation de salles de shoot dans Paris. Un impératif alors que la pluie et le froid sévissent depuis des semaines.