Paris veut limiter la prolifération des « dark stores »

E-COMMERCE Le premier adjoint d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, s’inquiète du développement des dark stores, ces supermarchés ou cuisines sans devantures, pour les commerces de proximité, déjà fragilisés par la crise sanitaire

Romarik Le Dourneuf
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Un salarié de Flink prépare une commande dans un dark store.
Un salarié de Flink prépare une commande dans un dark store. — Flink

Les dark stores fleurissent depuis le début de la crise sanitaire à  Paris. Ces entrepôts ou cuisines, sans devanture et sans accueil du client se multiplient dans la capitale. Leur promesse :   des livraisons en quelques minutes et en quelques clics.

Face à leur prolifération, Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo, en charge de l’urbanisme s’est fendu d’une tribune ce dimanche chez nos confrères du JDD pour dénoncer ces dark stores qui développent des réseaux d’entrepôts urbains et « fragilisent le commerce traditionnel ».

Des centaines de livreurs se regroupent à toute heure

Pour l’élu, ces plateformes transforment « des commerces de proximité en lieux de stockage de marchandises » et voient défiler des attroupements de centaines de livreurs qui « attendent à toute heure du jour et de la nuit des commandes gérées par des algorithmes ». Emmanuel Grégoire s’inquiète pour ces commerces de proximité « largement impactés » par la crise sanitaire. Il critique également les dérives sociales de l’ubérisation qui normalise la précarité des livreurs.

La structure même de la ville s’en trouve modifiée selon le premier adjoint, puisque ces entrepôts vont à l’encontre des « pieds d’immeubles vivants » voulus par la municipalité, avec des devantures, des terrasses et des vitrines qui sont des « interfaces sociales inestimables », selon lui.

Pour lutter contre ce phénomène, Emmanuel Grégoire, s’il regrette qu’aucune loi ne permette de réguler directement les dark stores, rappelle que le plan local d’urbanisme stipule que l’autorisation de la collectivité est nécessaire pour installer ces entrepôts. Il ajoute que la ville de Paris va prendre des mesures pour le faire respecter avec de « lourdes conséquences financières et pénales pour les récalcitrants ».