Ces policiers du 9-3 sont à cheval sur l'ordre

SECURITE La brigade équestre renforce de plus en plus ses effectifs à la sortie des lycées ou du Stade de France...

Carole Bianchi

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Les cavaliers de la brigade équestre de Seine-Saint-Denis sécurisent la sortie des lycées, les abords du Stade de France, les parcs et les quartiers sensibles du département.
Les cavaliers de la brigade équestre de Seine-Saint-Denis sécurisent la sortie des lycées, les abords du Stade de France, les parcs et les quartiers sensibles du département. — SERGE POUZET / 20 MINUTES

Aux abords du lycée Gustave-Eiffel de Gagny (Seine-Saint-Denis), les sabots de deux chevaux claquent sur le bitume. Leurs cavaliers, des policiers, interpellent un groupe de jeunes assis sur le capot d'une voiture. «Levez-vous, s'il vous plaît.» Ils obéissent. Pas un ne bronche. La scène se passe en mars dernier, quelques jours après une expédition punitive ayant fait une douzaine de blessés dans le lycée voisin. La brigade équestre de Seine-Saint-Denis, la plus importante de France avec dix-huit chevaux, a été appelée en renfort pour sécuriser les sorties des deux établissements. Présente au Stade de France, dans les parcs départementaux et dans les quartiers sensibles pour l'accompagnement des unités territoriales de quartier, elle assure cette nouvelle mission depuis décembre. «Eh, m'sieur, à quoi ça sert votre cheval ? C'est pas mieux en moto?», lance un ado. «C'est sympathique, reconnaît une jeune fille, mais c'est pas eux qui vont arrêter ce qui s'est passé.» Pourtant, avec ses 700 kg, le cheval a «un aspect dissuasif et apaisant, assure le commissaire Stéphane D'Hayer. Le respect s'impose davantage avec l'animal.»

«Je vais le boxer, votre cheval»

De fait, la majorité du groupe entame une discussion à bâtons rompus avec les policiers. Scène plutôt rare en Seine-Saint-Denis. «C'est vrai que si on urine dans la rue, on a le droit à une amende?» «Si on ne muselle pas notre pitbull, qu'est-ce qu'on risque?» Soudain, le moins farouche des ados décide de faire son malin. «Oh m'sieur! Je vais le boxer, votre cheval!» L'animal, dressé, ne réagit pas aux mouvements saccadés du jeune qui tente de se mesurer à lui, mais le policier le met en garde. Piroles, surnommé «le clown de la troupe», en a déjà attrapé plus d'un par le col de la chemise. Plusieurs matinées par semaine, l'unité s'entraîne à des techniques d'intervention pour le moins particulières: interpellations, contrôle d'identité, menottage, le tout sans poser pied à terre. Créée en 1994 en raison de la recrudescence des affrontements dans les parcs départementaux, notamment celui de La Courneuve où se trouvent les écuries, la brigade équestre de Seine-Saint-Denis a pris du galon en assurant la surveillance des abords du Stade de France depuis 2004. L'exercice est désormais rodé.

Le 1er avril dernier, lors du match de foot France-Lituanie, quatre chevaux avaient été appelés pour encadrer l'événement. Il est 20h passées. Le public commence à s'agglutiner sur le parvis de l'enceinte sportive. Musique, sifflets, cris... Un environnement a priori hostile pour les chevaux qui tournent autour du stade depuis 18h afin de repérer les vendeurs à la sauvette ou les éventuels débordements causés par l'alcool.

Quatre cavaliers, l'équivalent d'un cordon de trente CRS

Mais les animaux, habitués, restent imperturbables. Y compris lors des séances photo improvisées. «Ils calment tout le monde», commente Aristide, supporter des Bleus. Quelques minutes avant que les joueurs n'entonnent la Marseillaise, le speaker chauffe le public. «Bonsoir, vous serez près de 80.000 derrière nos Bleus ce soir!» Autant de monde à canaliser à la sortie. Pour éviter l'engorgement aux stations de métro et de RER, les quatre cavaliers bloquent de temps à autre la foule. A eux seuls, ils remplacent un cordon de trente CRS.