Une station de radio pour le RER D

David Thomson

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L'idée est venue du cheminot vedette de la ligne D. Pour dérider les usagers, Eric Brault annonçait les mauvaises nouvelles sous forme de blagues. Un retard en imitant la voix de Chirac, un incident avec celles de Chevallier et Laspalès. « Ça a tout de suite plu. Les gens venaient le remercier en tête de train. Du coup, on a suivi son exemple en créant, en huit mois, une radio d'info trafic », explique Benjamin Weier, chef du projet Radio ligne D, qui a coûté 2 millions d'euros à la SNCF. Avec pour slogan « De bonnes ondes sur la ligne D », la radio du RER D a donc été inaugurée en grande pompe, hier soir. Pour le moment, seules trois stations sont couvertes : Gare-de-Lyon, Gare-du-Nord et Saint-Denis-Stade-de-France. D'ici à la fin de l'année, la radio sera diffusée dans les cinquante-huit gares de la ligne et sur Internet, mais pas à l'intérieur des rames.

A l'antenne, pas d'imitateurs, mais six journalistes. Tous les quarts d'heure, un flash de quatre-vingt-dix secondes entrecoupera des plages musicales et des reportages. « C'est la fin des messages génériques qui faisaient croire aux usagers qu'on mentait. En cas de problème, ils sauront en temps réel où en sont les services techniques », assure Benjamin Weier. « Il faut en finir avec le jargon. Quand on dit "Un train en détresse", c'est poétique, mais c'est un retard. "Un accident de personne", c'est un suicide », explique Guillaume Pepy, le président de la SNCF. « Ce n'est pas un gadget. C'est utile d'avoir les infos du trafic en temps réel, explique Eric Portron, de l'association d'usagers du RER D Sadur. On va voir ce que ça va donner. » ■