First, la tour qui va dominer la défense

Alexandre Sulzer

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Dans un bruit infernal, 400 à 500 personnes casquées vident des monte-charge, tirent des cordes, crient des ordres tout au long d'un squelette en béton qui culmine à près de 150 m. C'est le chantier de la tour First, à la Défense (Hauts-de-Seine), le gratte-ciel qui, début 2011, sera le plus élevé du pays. Du haut de ses 230 m, il dominera les tours Montparnasse (210 m) et Total (191 m), respectivement les plus élevées de France et de la Défense.

« La tour First, comme son nom l'indique, sera la première du plan de renouveau de la Défense (lire ci-dessous) à être achevée », claironnent les responsables d'Iosis, qui assure l'ingénierie pour le compte de l'investisseur Beacon Capital Partners. Lancé en décembre 2007, le chantier consiste à surélever l'ancienne tour Axa de plus de 60 m, soit 9 000 m2 de bureaux supplémentaires. L'ancien bâtiment, très années 1970, en forme d'étoile à trois branches, doit laisser place à « une tour du XXIe siècle » à l'aspect hélicoïdal. Coût total : 320 millions d'euros, dont 30 millions pour le curage et le désamiantage. Plus chère qu'une construction classique, cette réhabilitation est plus rapide à réaliser. « Ce sera aussi la première tour certifiée Haute Qualité environnementale en France », se félicite Vincent Gravier, responsable énergie du projet. First consommera annuellement 100 kWh d'énergie au m2, contre 400 pour son ancêtre Axa. La clé : la « double peau », un triple vitrage qui, grâce à l'air qu'il emprisonne, permet une bonne isolation. Reste à louer la cinquantaine d'étages de bureaux. Pour l'heure, aucun nom n'est avancé. Mais les investisseurs sont confiants : « En 2011, il n'y aura pas de nouvelle tour, ça ne sera donc pas un problème. » ■