Notre-Dame de Paris : On en saura plus jeudi sur l’aménagement intérieur de la cathédrale

HOME STAGING La commission nationale du patrimoine et de l’architecture doit rendre son avis sur le projet présenté par le diocèse

G. N. avec AFP
— 
L'intérieur de Notre-Dame de Paris, en avril 2021.
L'intérieur de Notre-Dame de Paris, en avril 2021. — Romain GAILLARD/POOL/SIPA

Du street art et de l’art contemporain voisinant avec des tableaux bibliques ? Après plus de deux ans d’attente, Notre-Dame de Paris sera fixée jeudi dans les grandes lignes sur son futur aménagement intérieur. La commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) doit rendre son avis sur le réaménagement intérieur et liturgique de la cathédrale gothique, partiellement détruite en 2019 par un gigantesque incendie. Avec son projet, le diocèse de Paris entendait lui redonner une nouvelle jeunesse avant sa réouverture, prévue en 2024.

Des artistes contemporains, comme le père français de l’art urbain Ernest Pignon-Ernest, les artistes Anselm Kiefer ou Louise Bourgeois pourraient y voir leurs œuvres « dialoguer » avec celles de maîtres anciens comme les frères Le Nain ou Charles Le Brun, selon Le Monde. Une information confirmée à l’AFP « à titre d’exemples » par le ministère de la Culture, qui n’y est « pas du tout opposé ». Lumière à hauteur de visage, bancs à roulettes dotés de luminions pour remplacer les chaises séculaires, axe central épuré et phrases bibliques projetées dans plusieurs langues sur les murs, font également partie du projet.

« On va pouvoir redécouvrir Notre-Dame d’une autre façon »

« Veiller au respect des lois du patrimoine, à la réversibilité [de certains choix] et au respect du monument historique : voilà ce à quoi doit veiller la CNPA », précise à l’AFP le sénateur (LR) Albéric de Montgolfier, président de cette commission. Quant au choix des œuvres d’art, « c’est très subjectif », tempère-t-il. « Le bon côté de ce drame, c’est qu’on va pouvoir redécouvrir Notre-Dame d’une autre façon », ajoute le sénateur. Il parle d’une « vision plus épurée » qui « correspond plus à ce qu’elle était à son origine ».

Il se félicite d’un « nettoyage en profondeur » des 14 chapelles, déjà très délabrées avant l’incendie, et dont certaines servaient à entreposer du mobilier et du matériel faute de place. Cela permettra, dit-il, de redécouvrir les « Mays », grands tableaux d’autel commandés chaque année à de grands artistes, entre 1630 et 1707, par la corporation des orfèvres qui les offrait à la cathédrale.

Il s’agit de « mieux accueillir » le public dans « le respect du culte », explique le père Gilles Drouin, chargé de ce réaménagement par l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit (qui vient de démissionner de ses fonctions). Pragmatique, le père Drouin, directeur de l’Institut supérieur de liturgie, se félicite d’avoir trouvé « une solution » pour le stockage du matériel et du mobilier dans la crypte, sous l’édifice, grâce à un « monte-charge ». Les vieilles chaises comme les nouveaux bancs pourront ainsi y descendre en fonction des besoins et de l’affluence.