Toujours pas de procès, quatre ans après Paris Opéra

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Pour la quatrième année, les familles des victimes de l'incendie de l'hôtel Paris Opéra se réuniront, demain à 15 h, en mémoire des vingt-cinq personnes, dont onze enfants, qui avaient péri au milieu des flammes, le 15 avril 2005. Au 76, rue de Provence (9e), le bâtiment avait pris feu lors d'une dispute entre le gardien et sa petite amie, qui lui avait lancé des bougies allumées. Ces familles, éprouvées, réclament la tenue d'un procès qui se fait attendre. « Nous sommes sans nouvelles depuis huit mois. L'enquête judiciaire est terminée depuis 2007, les expertises ont eu lieu en 2007 et 2008. Nous attendons du juge qu'il ferme l'instruction et qu'une date de procès soit fixée. Nous en avons besoin pour tourner la page », raconte Aomar Ikhlef, oncle d'une des victimes, qui avait péri avec son mari dans l'incendie, laissant derrière elle deux orphelins, dont un grièvement handicapé après l'incendie. Il n'a « pas de sentiment de revanche », mais la volonté que les coupables soient punis, et les hôteliers mis devant leurs responsabilités. « La jeune fille qui a mis le feu est mise en accusation, c'est normal. Mais c'était un accident, ça arrive. La vraie question, c'est pourquoi le feu a-t-il pris une telle ampleur, aussi rapidement ? Ça pose le problème des 750 hôtels de ce type à Paris. Ce procès doit inquiéter les hôteliers à qui les services sociaux continuent d'amener du monde. » ■ Magali Gruet