Grigris bling-bling et maltraitance

David Thomson

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On connaissait le trafic d'ivoire, moins celui des poils d'éléphant. Transformés en bracelet, ça donne « un truc très bling-bling. Sarkozy en portait un avec sa Rolex, jusqu'à ce qu'en 2007, un magistrat l'informe que c'était interdit », raconte un gendarme, en marge du procès qui se déroule jusqu'à ce soir devant le tribunal correctionnel de Paris.

Une quinzaine de bijouteries de l'Ouest parisien comparaissent, depuis hier, pour avoir vendu ce bijou. La justice leur reproche d'avoir violé la législation de sauvegarde des espèces menacées et d'avoir eu recours au travail dissimulé. Tous ont le même grossiste. Un Français d'origine turque qui se fournissait auprès de marchands africains et dont la société, fictive, délivrait de fausses factures. Ils plaident l'étonnement. « Je croyais que ça provenait de la cueillette des femmes de tribus d'Afrique », se justifie l'un des bijoutiers. « On m'a dit qu'on épilait leurs oreilles », poursuit le grossiste. Le juge ironise : « On se demande qui tenait la bête. » Mais les associations de défense des animaux, parties civiles, rient jaune. « C'est lucratif, mais au Sénégal, il n'y a plus que dix éléphants en vie », selon Xavier Baquet, avocat de la Fondation 30 millions d'amis. Les joailliers encourent trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. ■