Saint-Ouen : Contre le manque de moyens, les parents d’élèves se mobilisent

EDUCATION Face à la pénurie de professeurs et de moyens, les parents d’élèves de Saint-Ouen s’insurgent

R.L.D. avec AFP
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Depuis lundi, le masque est de retour dans toutes les écoles primaires du pays.
Depuis lundi, le masque est de retour dans toutes les écoles primaires du pays. — Shutterstock/SIPA

Non-remplacement d’enseignants, manque d’infirmière ou de psychologues… Des parents d’élèves de Saint-Ouen ( Seine-Saint-Denis) ont protesté, ce vendredi, contre le manque de moyens dont pâtissent leurs enfants, dans un département sous-doté en personnel éducatif. Réunis devant la plupart des quelque 30 établissements de la ville, de la maternelle au lycée, les parents ont convergé devant l’inspection départementale de l’éducation nationale.

Pancartes « Les oubliés du 93 » et « Ecole en danger » à la main, les manifestants ont scandé « professeurs non remplacés, on en a assez », en présence du député LFI de la Seine-Saint-Denis Eric Coquerel et Héloïse Claudé, adjointe à l’éducation de la ville de Saint-Ouen. « On soutient les mouvements des parents d’élèves, il y a un deux poids deux mesures entre les annonces de l’Education nationale et la réalité de terrain où on voit beaucoup de non-remplacements et des moyens en inadéquation », défend Héloïse Claudé.

La tentation du privé…

« Notre maîtresse est enceinte, on ne sait pas si elle sera remplacée », s’inquiètent Elise Kosman et Lucile Sagnet, dont les filles sont en CP à l’école primaire Frédéric Joliot-Curie. « Pour les enfants qui ont des conditions de vie facile ça va, mais certains ont besoin d’avoir plus, un psychologue, une infirmière. Pour ceux-là c’est important », soutient Elise Kosman.

Chez beaucoup de parents d’élèves, la tentation du privé se fait grande face aux défaillances qu’ils constatent au quotidien. « C’est vrai que c’est un sacrifice, peut-être qu’on n’ira pas en vacances », anticipe Mounia, assistante maternelle de 47 ans. Sa fille cadette, scolarisée au collège Joséphine Baker, a eu son brevet grâce à « beaucoup de travail à la maison » et des cours particuliers payés par ses parents.

Depuis le début de l’année scolaire, les alertes de parents d’élèves sur les manques de personnel se multiplient dans le département. Un élève de Seine-Saint-Denis perd en moyenne un an sur l’ensemble de sa scolarité en raison du non-remplacement des professeurs absents, selon un rapport parlementaire publié en 2019 qui avait mis en évidence des inégalités de traitement de l’Etat vis-à-vis de ce département, le plus pauvre de France métropolitaine.