Paris : Trottinettes bridées, vidéosurveillance, trottoirs « sacralisés »... « Le bazar dans les rues doit cesser »

MOBILITE La Mairie de Paris a annoncé des mesures visant à « réguler les mobilités »

Romarik Le Dourneuf
— 
Les trottinettes seront désormais limitées à 10km/h dans tout Paris. (Illustration)
Les trottinettes seront désormais limitées à 10km/h dans tout Paris. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes
  • Ce jeudi, David Belliard a annoncé que dès la première quinzaine de décembre, toutes les trottinettes électriques en libre-service seront limitées à 10 km/h dans tout Paris à l’exception de quelques grands axes.
  • Les parcs, jardins et trottoirs sont désormais « sacralisés » pour les piétons, et interdits aux trottinettes électriques.
  • Initialement prévu pour le mois de janvier prochain, le stationnement payant pour les deux-roues motorisés est repoussé à septembre 2022.
  • La vidéosurveillance dans Paris va être « très considérablement renforcée »

« Le bazar dans les rues doit cesser. » Ce jeudi, David Belliard, adjoint aux transports et à la mobilité et Nicolas Nordman de la sécurité et de la police municipale ont annoncé plusieurs mesures de régulation des  mobilités dans l’espace public. Au menu, des trottinettes bridées, un stationnement de deux-roues payant repoussé, une régulation du marché des scooters en libre-service et la mise en place de vidéosurveillance.

Les trottinettes seront limitées à 10 km/h dans tout Paris dès le début du mois de décembre

Les opérateurs de trottinettes en « free-floating » (Lime, Tier et Dott) avaient proposé 700 zones de limitation de la vitesse dans Paris, la mairie va plus loin et étend la règle à toute la capitale. Ce jeudi, David Belliard a annoncé que dès la première quinzaine de décembre, toutes les trottinettes électriques en libre-service seront limitées à 10 km/h dans tout Paris à l’exception de quelques grands axes, notamment ceux disposant de pistes cyclables sécurisées, qui conserveront leur limitation à 20 km/h. La limitation se fera par les opérateurs eux-mêmes qui peuvent brider les appareils à distance en fonction de leur géolocalisation.

« Notre priorité est de protéger les usagers de l’espace public les plus vulnérables et cela passe par une régulation des trottinettes », justifie l’élu. Les parcs, jardins et trottoirs sont désormais « sacralisés » pour les piétons, et interdits aux trottinettes électriques.

Les scooters aussi seront « régulés »

Comme les trottinettes en leur temps, les scooters électriques en libre-service ont débarqué en masse à Paris. Même constat, même mesures, la Mairie de Paris va lancer un appel d’offres pour choisir « deux ou trois opérateurs », qui devront répondre aux mêmes exigences que les trottinettes, en termes d’encombrement, de disponibilité, etc. Aujourd’hui onze opérateurs sont présents dans la capitale.

Le stationnement payant des deux roues motorisés repoussé à septembre 2022

Initialement prévu pour le mois de janvier prochain, le stationnement payant pour les deux-roues motorisés est repoussé à septembre 2022. David Belliard a avancé « des contraintes techniques » pour justifier ce report. « L’Etat nous fait barrage en nous refusant l’accès à France Connect », explique l’adjoint qui précise qu’une convention avait été conclue avec l’interface pour pouvoir faciliter les démarches administratives à ceux qui veulent demander une carte de résident. « C’est une forme d’impunité à l’égard des deux-roues motorisés après le refus du contrôle technique », regrette-t-il.

David Belliard assure toutefois que ce blocage devrait être réglé pour le mois de juillet 2022, permettant alors une mise en place pour la rentrée suivante, l’adjoint souhaitant un lancement en bonne et due forme avec une interface « propre ». Il a aussi reprécisé que les scooters électriques continueront de bénéficier de stationnement gratuit et que 5.000 nouvelles places de stationnement vont être déployées.

La vidéosurveillance renforcée

Toujours dans le but de réguler les mobilités, Nicolas Nordman a annoncé que la vidéosurveillance dans Paris va être « très considérablement renforcée ». « Elle est extrêmement efficace et permet aux opérateurs, via les caméras, de dresser des procès-verbaux immédiatement », a-t-il ajouté. Pour la Mairie de Paris, l’objectif est de « doubler les capacités de verbalisation » en doublant le nombre d’opérateurs qui passeront de 10 à 20.

Le référendum sur le périph en justice

En marge de ces annonces sur la régulation des mobilités, Emmanuel Grégoire, Premier adjoint d’Anne Hidalgo est intervenu pour annoncer que la Ville de Paris allait attaquer la région Île-de-France devant le tribunal administratif après le « référendum » lancé aux Franciliens pour se prononcer pour ou contre le projet d’aménagement du périphérique envisagé par la mairie. Le Premier adjoint a qualifié cet appel de « Fake news » et de « malhonnêteté intellectuelle » de Valérie Pécresse, la présidente de la région, qui a voulu se servir de ce débat « dans le cadre d’une élection » (les primaires) au sein de son propre parti, Les Républicains.